Le Brevet d'Initiateur

Je ne dirais rien sur les modalités de l'examen : le stage initial à du répondre à toutes vos questions !

Mais voici quelques "trucs" pédagogiques pour réussir ce brevet:

1) Savoir différencier dans la Terminologie Fédéral :
  1. Pédagogie "préparatoire" = plongée  libre, sans scaphandre qui doit aboutir à la  Maîtrise du petit matériel  par le débutant
  2. Pédagogie "pratique" = plongée avec  scaphandre qui doit aboutir à l'Evolution d'un plongeur encadré, dans la zone des 6 mètres
  3. Pédagogie théorique = les fameux "cours" de plongée..., qui font le délice des prépa. MF1 !
2) Avoir pratiqué, sous contrôle d'un moniteur, (et surtout montrer que l'on connait la base de tout Enseignement Fédéral) la construction logique d'un cours :
  1. Présentation : du moniteur, de l'élève, de l'exercice  (sécurité, pré-requis et justification)
  2. Explication  : se fait "au sec", hors de l'eau,  en premier
  3. Démonstration : se fait en  situation : il est OBLIGATOIRE d'emmener l'examinateur  (l'élève) dans l'eau pour lui monter (faire admirer) un geste techniquement  parfait
  4. Exécution : (ratée, en général) par  l'examinateur (l'élève)
  5. Correction : en  fonction de la faute, refaire Explication et/ou  Démonstration ciblée
  6. Conclusion :  félicitations pour ce qui à été fait,  et encouragement pour ce qui reste à faire !
3 ) Situer les exercices (pré-requis et justification), lors de la Présentation devant l'examinateur (l'élève), dans le Sacro-saint Ordre Fédéral parfaitement formulé dans l'ancien "Enseignement de la plongée" de1986 ci-dessous.

Cette pédagogie progressive, dite "en marches d'escalier", est agaçante par son formalisme stéréotypé, mais elle apparaît logique à l'usage et surtout, son contenu est facile à mémoriser contrairement aux nouveaux contenus dit de "Pédagogie Générale", "Pédagogie  Spécifique" avec leurs directives transversales plus ou moins fumeuses : "Connaissances, savoir-faire et savoir être", "Commentaires et limites", "Critères de réalisation" etc...

Il est très difficile de formuler une pédagogie sur papier : trop pointilleuse, elle tue l'inspiration du candidat (c'était le reproche fait à l'ancienne pédagogie) et trop floue, elle devient inutile et déroute le futur moniteur (c'est le reproche que je fait à la nouvelle...). Je lui conseille donc vivement de s'inspirer de la première (qui à un goût délicieusement surrané !) avant d'appliquer la seconde.

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FÉDÉRATION FRANÇAISE D'ETUDES ET DE SPORTS SOUS-MARINS

L'Enseignement de la plongée - Commission Technique Nationale

DÉCEMBRE 1986

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AVANT - PROPOS

Le monde dans lequel nous vivons, le rythme intense de notre mode de vie, la tension nerveuse que chacun subit sur son lieu de travail comme pendant son temps de transport, rompent l'équilibre physique, physiolgique et psychologique de l'individu.

Les atteintes porté à équilibre de l'homme, qui évolue dans un environnement perpétuellement altéré, doivent trouver remède dans l'aménagement de temps de détente, et dans la pratique de loisirs, si l'on veut que l'être huain retrouve le juste équilibre indispensable à son épanouissement.

A la fois loisir, sport et technique, la plongée subaquatique autorise la découverte d'une partie secrète de la nature, aussi peut-elle constituer un important moyen d'épanouissement pour l'homme, à la condition d'être bien enseignée.

Montrer ses capacités personnelles est sans doute relativement facile, mais transmettre son savoir comme son savoir-faire représentera certainement une tâche beaucoup moins aisée.

En plongée, les missions de l'enseignant sont multiples. On peut tout d'abord dire que toutes proportions gardées, enseigner la plongée, c'est participer à l'amélioration de la qualité de la vie humaine, comme à la défense du monde animal et du monde végétal.

C'est une des raisons pour lesquelles le moniteur de plongée, s'il veut jouer pleinement le rôle qui doit être le sien, ne doit jamais oublier qu'il se met au service d'hommes et de femmes qui viennent chercher un délassement et un loisir; en outre, il a également le devoir d'en faire des défenseurs du monde sous-marin qui, lui aussi est en danger de mort.

L'élève plongeur attend du moniteur un enseignement, et aussi des garanties de sécurité pour aborder un monde entièrement nouveau pour lui. Le moniteur doit être conscient que chaque élève est une entité, que chacun a sa personnalité, sa morphologie, ainsi qu'une valeur physique et morale qui lui sont propres, et qufont que chaque élève est un cas particulier. Ce qui est immédiatement possible avec l'un, ne le sera pas avec l'autre.

Dans sa position d'enseignant, le moniteur est le point de mire de tous ceux à qui il enseigne. Qu'il soit dans l'eau ou à terre, il est l'exemple à suivre, celui qu'on veut copier. Il est consciemment ou inconsciemment, jugé à traver son comportement, et ce, sans indulgence. Il ne doit jamais décevoir.

Il lui faut donc se montrer plus exigeant vis-à-vis de lui-même, qu'il ne le sera avec ses élèves. Si les qualités techniques et la condition physique sont impérativement nécessaire au moniteur, les qualités humaines, elles, lui serant tout à fait indispensables. Le moniteur doit être modeste et patient, enthousiaste et méthodique, disponible et d'un abord facile. Il sera intransigeant dans son action d'enseignant, comme il saura criquer en demeurant objectif et constructif. Il se souviendra certes qu'il n'est qu'un homme comme beaucoup d'autres, avec ses faiblesses et sa vulnérabilité, mais aussi, que, malgré cela, il est le principal garant de la sécurité de ceux qui lui font confiance, et qui seraient les premières victimes de ses fautes ou de ses erreurs.

Le moniteur qui perd la foi en sa mission doit abandonner l'enseignent, où il n'a plus sa place, I'intérêt des élèves devant obligatoirement primer sur l'intérêt personnel du moniteur.

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PROGRESSION RAPIDE

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BAPTEME DE PLONGÉE


1er PLAN - Objectif: maîtrise du petit matériel par le débutant.

- Plongée libre

1) Équipement avec masque, tuba, palmes. Combinaison, ceinture lesté éventuellement.
2) Nage avec masque et tuba - Vidage au tuba.
3) Nage avec masque, tuba, palmes (en surface)
4) Palmage de sustentation.
5) Accoutumance à l'apnée (petit parcourt juste sous la surface).
6) Technique d'immersion. L'équilibragdes oreilles et du masque.
7) Palmage en immersion (apnée).
8) Nage au tuba sans masque, visage dans l'eau.
9) Vidage du masque.
10) Différentes mises à l'eau, sauts.

2e PLAN - Objectif: évolution d'un plongeur encadré dans la zone des 5 mètres.

- Avec scaphandre

11) Présentation succincte du matériel
12) Règles de sécurité élémentaire en plongée.
13) Montage et démontage du détendeur sur le bloc.
14) Équipement du plongeur.
15) Code de communication.
16) Mise à l'eau à l'échelle.
17) Respiration avec appareil avec appui (échelle, bout, petit fond).
18) Équilibrage du masque et des oreilles, accoutumance à l'immersion, maximum 3m.
19) Lâcher et reprise d'embout avec appui, maximum 1,50m.
20) Vidage du masque avec appui maximum 1,50m.
21) Remontée sur expiration, embout en bouche progressivement de 2 à 5 mètres (très important avant de commencer les exercices en pleine eau).
22) Remontée simulation échange d'embout (embout en bouche, embout en main) en alternance.
23) Techniques d'immersion avec scaphande.
24) Vidage de masque et lâcher d'embout sur le fond, maximum 5m.
25) Passage embout tuba et vice versa.
26) Nage au tuba avec bouteille capelée.
27) Palmage en immersion - Poumon ballast.
28) Respiration à deux sur un embout en déplacement, maximum 5m.
29) Mise à l'eau par sauts avec scaphandre.

3e PLAN - Objectif: évolution d'un plongeur autonome dans la zone des 20 mètres, encadré dans la zone des 40 mètres.

30) Remontée sur expiration, embout en bouche - 5 à 10 m (progressivement).
31) Décapelage, déplacement sur le fond, embout en bouche puis recapelage.
32) Échange de scaphandre.
33) Respiation à deux sur un embout et déplacement horizontal et vertical (après maîtrise de la remontée simulation échange d'embout - embout en bouche, embout en main, en alternance).
34) Saut masque à la main suivi du vidage du masque en immersion.
35) Descente dans le bleu jusqu'à 20m.
36) Utilisation du gilet de sécurité.
37) Apprentissage de l'orientation avec et sans instrument.

4e PLAN - Objectif: évolution d'un plongeur autonome dans la zone des 40 mètre.

38) Assistance P.A. d'un plongeur en difficulté.
39) Remontée sans embout depuis 20m (progressivement).
40) Perfectionnement de nage en surface avec masque, tuba et palmes - Parcours progressif chronométré - Perfectionnement de la plongée libre jusqu'à 10m
41) Descente dans le bleu jusqu'à 40m.
42) Sauvetage PA.
43) Conduite de palanquée.
 

PRÉCISIONS COMPLÉMENTAIRES

Sur le plan psychologique, il est bon de faire un baptême de plongée en scaphandre, tout au début des cours, pour donner à l'élève un aperçu dece qu'il aura à découvrir.

A partir de l'exercice N°26, il est souhaitable d'organiser de petites promenades d'exploration, en tenant compte, évidement, des capacités de l'élève et, ceci pour ne pas rendre l'entraînement trop fastidieux.

Entre les séances d'entraînement pratique, un enseignement théorique sera dispensé aux élèves sur la physique, l'anatomie et la physiologie appliquée à la plongée, ainsi que sur le matériel, la sécurité en plongée, les tables de plongée et le secourisme.

Les différents brevets fédéraux se situent dans cette progressîon:

- Le plongeur de niveau 1 à la fin du Plan 2
- le plongeur de niveau 2 à la fin du Plan 3
- Le plongeur autonome niveau 3 en cours du plan 4
- le plongeur autonome niveau 4 - 2e échelon - à la fin du Plan 4

Un entraînement complémentaire au sauvetage avec mannequin traditionnel peut s'inclure à tous les niveaux de cette progression en fonction des possibilités des pratiquants et des buts recherchés (brevet d'initiateur - Plongeur niveau 4).

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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

La progression énoncée précédemment constitue un ordre logique qui permet un enseignement fonctionnel et sûr. Cette progression, adaptée en fonction des possibilités offertes à chaque responsable, doit servir de base à la programmation de cycles d'enseignement, visant à l'initiation et au perfectionnement à la plongée subaquatique, aussi bien qu'à la préparation des brevets fédéraux. Chacun des chapitres qui vont suivre peut représenter, suivant le cas, une ou plusieurs leçons qui seront construites par chaque moniteur en fonction de sa personnalité, des conditions matérielles de travail, des conditions météorologiques, des effectifs, du niveau des élèves.

Dans les exemples pédagogiques proposés dans la suite de ce fascicule, chaque enseignant pourra puiser les éléments nécessaires à l'établissement de ses leçons ou cycles de leçons en ayant toujours présent à l'esprit que tout enseignement doit être le fruit de:

- une organisation matérielle,
- la mise en place d'un système de sécurité,
- la définition, le but, la progression et le déroulement de l'exercice,
- une démonstration de l'exercice, (éventuellement)
- une exécution par les élèves, suivie de corrections, puis de répétitions ultérieures,
- une conclusion et un commentaire sur l'exécution de l'exercice,
- éventuellement, une critique constructive (points forts, points faibles).

1- Si l'élève «bloque»: rever en arrière, et contourner la difficulté en faisant exécuter à l'élave d'autres exercices, puis revenir sur le point épineux ; ne jamais bloquer un élève sur une difficulté (pas de pédagogie de l'échec). Les exercices doivent toujours se terminer sur un aspect positif.

2- COMMENTAIRES: Commenter les exercices, en soulignant les éléments qui ont été réussis; noter les éventuelles difficultés sans faire montre d'un état négatif ou ironique; I'encouragement est essentiel.

3- PRÉSENTATION DU COURS SUIVANT Introduire les exercices qui seront abordés lors du prochain cours.

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LE BAPTEME DE PLONGÉE
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A) DÉFINITION

C'est la première incursion subaquatique en scaphandre autonome.
La responsabilité du moniteur est totale et de lui dépend entièrement la réussite de cet acte.
Le baptême ne peut être situé de façon très précise dans la progression de l'enseignement. Ce peut être le tout premier contact avec les techniques subaquatiques, comme ce peut être l'aboutissement d'une préparation.

L'exécution pratique sera facilitée selon que l'élève:

- a déjà utilisé le masque, le tuba et les palmes,
- a pratiqué la plongée en apnée,
- sait équilibrer les et le masque,
- a l'habitude de la respiration buccale sur tuba,
- suivi un entraînement en piscine.

La profondeur maximm atteinte pendant un baptême sera de 3m. La durée est de 10 à 15mn, en fonction des conditions et notamment la température de l'eau.
Dans tous les cas, le moniteur n'amènera qu'un élève à la fois.
C'est une initiation pour le candidat, et un moyen de l'inviter à pratiquer la plongée.
Il est important de bien le réussir, car il y a un effet psychologique non négligeable sur le futur plongeur.
En ce qui concerne les baptêmes d'enfants, des conditions particulières sont exigées (se rapporter au manuel du moniteur)

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

Choisir un plan d'eau calme, sur un fond, de préférence agréable, possédant, si possible, une flore et une faune intéressantes, permettant une approche sous-marine progressive et aisée. Même s'il a reçu une formation en piscine, I'élève découvre un environnement nouveau et il a besoin d'avoir à portée de main, des points d'appui lui permettant de s'accrocher.
Le fond doit être visible de la surface, le baptême en pleine eau étant totalement à proscrire.
Dans le cas le plus fréquent des baptêmes effectués depuis un bateau, il faut que celui-ci soit équipé d'une échelle de mise à l'eau, avec à proximité un bout suffisamment lesté pour permettre un appui.
Au départ d'une plage, il est indispensable de se munir d'une grosse bouée ou petite embarcation, qui peut servir de point d'appui, et, en même temps, de signalisation.

PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Le moniteur doit penser et prévoir pour l'élève. Définir une convention de langage à partir de 2 signes: «O.K.» et «cela ne va pas», ce dernier étant presque superflu, le moniteur devant par observation de l'élève, constater et remédier aux problèmes qui se poseront au néophyte.
Expliquer: I'équilibrage du masque et des oreilles. Insister sur la nécessité de ne jamais bloquer la respiration.
Au cours de ces explications, ne jamais effrayer l'élève, s'informer sur ses antécédents aquatiques et sportifs.

AVANT L'IMMERSION

Établir un contact humain entre le moniteur et l'élève.
Le moniteur doit rechercher les motivations de l'élève et les utiliser pour introduire ses explications. Décontracter l'élève et le placer dans un climat de confiance et de sécurité.
A ce stade, la personnalité du moniteur, sa cordialité, ses qualités de psychologie jouent un rôle primordial. Expliquer le déroulement du baptême.
Présenter le matériel succinctement, en le laissant essayer: masque, palmes, bloc, détendeur, etc... Définir la convention de langage, démontrer et faire exécuter les deux signes.
A partir de cet instant, I'élève devra copier tous les gestes du moniteur qui mimera toutes les manÏuvres.
Cet exposé ne durera pas plus de quelques minutes. Il doit être concis et clair. L'élève doit avoir l'impression qu'il va effectuer un exercice sérieux mais facile pendant lequel rien de fâcheux ne peut lui arriver, du fait de la présence du moniteur.

EN IMMERSION

Le bateau étant au mouillage, I'échelle de mise à l'eau et le pendeur en place, le moniteur s'équipe en même temps que son élève et en l'aidant. Si plusieurs baptêmes doivent se suivre, prévoir une aide pour équiper les élèves au fur et à mesure.
L'équipement achevé et vérifié par le moniteur, celui-ci aide l'élève à se déplacer jusqu'un haut de l'échelle qu'ils vont descendre face au bateau, le moniteur précédant l'élève.
L'élève reste en appui sur l'échelle, immergé jusqu'à la poitrine, pour faire des essais de respiration hors de l'eau, puis dans l'eau juste sous la surface. Pendant ces essais, le moniteur effectue une dernière vérification de l'équipement, en particulier de l'étanchéité du masque.
Le moniteur prend le pendeur (il est déconseillé de laisser l'élève s'accrocher lui-même au pendeur), maintient l'élève en lui faisant face, et fait exécuter une première manÏuvre d'équilibrage des oreilles en surface.
La descente commence, le moniteur se déhalant très lentement vers le fond, faisant exécuter aussi souvent que nécessaire la manoeuvre d'équilibrage. Il questionne souvent l'élève par le geste «O.K.». Il observe, attentivement et constamment, les yeux de l'élève, c'est grâce à eux plus qu'aux réponses de l'élève qu'il connaîtra le degré d'aisance de celui-ci.
Si le moniteur constate que l'élève a des difficultés pour équilibrer, il remonte, fait exécuter la manÏuvre puis redescend.
Si la descente est réussie, I'élève préoccupé par ses petits problèmes ne doit s'apercevoir qu'il est descendu que lorsqu'il touchera le fond. Si le comportement de l'élève le permet, faire une petite promenade le moniteur se déplaçant à côté de l'élève qu'il ne lâchera pas.
Pendant cette promenade, le moniteur attirera l'attention de l'élève sur l'environnement. La promenade se terminera par une remontée très progressive et lente, dont l'élève ne doit pas avoir conscience; il doit retrouver le bas de l'échelle au moment de faire surface. Une fois qu'elle est atteinte, lui faire garder masque et embout jusqu'à ce qu'il soit en parfaite sécurité. Pendant la remontée sur le bateau, le moniteur reste derrière l'élève. Sur le bateau, aider au déséquipement et commenter l'exercice.
Dans le cas fort probable d'un baptême réussi l'élève aura envie d'apprendre à plonger. Le moniteur lui indiquera la marche à suivre pour s'inscrire dans un Club, afin de s'initier à la plongée et de progresser dans cette discipline.
Éviter de critiquer: utiliser des mots encourageants (positifs).
Ne jamais faire exécuter d'exercices pendant un baptême.
Ne jamais émerger à un endroit ou l'élève ne peut s'accrocher.
Mots à proscrire: danger, accidents, problème, mort, mauvais...

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UTILISATION DU MASQUE, DU TUBA ET DES PALMES
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A) DÉFINITION

C'est l'apprentissage de la respiration buccale à l'aide du tuba, nécessaire puisque le visage est maintenu immergé pour pouvoir utiliser le masque, ainsi que la découverte de l'utilisation des palmes, en vue de la recherche de la meilleure efficacité, à effort égal.
Même si cette leçon succède au «baptême» où, nous l'avons vu, I'élève subissait plus qu'il n'exécutait, elle doit être considérée, en fait, comme la première étape dans l'enseignement de la plongée.
Il va de soi que si l'élève a déjà utilisé le masque, le tuba et les palmes, soit «au bord de la plage», soit a fortiori en plongée libre, cette leçon sera plus ou moins écourtée.
Il n'en demeure pas moins que dans tous les cas, le moniteur vérifiera les acquis.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

La leçon peut se dérouler:
- soit en piscine
- soit en milieu naturel sur fond de 1 à 3 mètres.
Selon la température de l'eau, I'élève sera en maillot de bain ou revêtu d'un vêtement isothermique.
En milieu naturel, la zone de travail sera nettement délimitée et le secteur où l'élève n'aura pas pied devra être très proche d'un point d'appui lui permettant de se reposer (rocher, embarcation, ponton, etc.).

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Dans le cadre de cette leçon, la prévention se limite surtout aux incidents dus au manque d'accoutumance au matériel.

a) Positionnement du masque et du tuba

La sangle doit être à peine tendue juste assez pour maintenir le masque en position (un masque dont la sangle est trop serrée fait mal; la jupe se déformant peut laisser entrer de l'eau).
Le masque doit épouser la forme du visage. Faire essayer plusieurs types de masques pour trouver celui qui convient le mieux.

b) Choix des palmes.

Le choix sera fait en fonction de la morphologie de l'individu, et avec le souci principal d'assurer le confort du plongeur. Il ne faut pas qu'elles soient trop justes, risque de crampes. Il faut donc que le pied y soit confortablement logé, leur voiture doit être suffisamment grande et rigide pour procurer une puissance suffisante lors des déplacements avec un scaphandre capelé sur le dos ou en immersion.

c) Le lestage.

Uniquement nécessaire dans le cas de l'utilisation d'un vêtement isothermique afin de diminuer la trop grande flottabilité de l'élève, et de lui faciliter ainsi l'acquisition de la maîtrise du palmage.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1. AVANT L'IMMERSION (masque et tuba)

- Faire positionner le masque, le faire maintenir par simple dépression par inspiration nasale.
- Parler du rinçage et de la buée.
- Placer la sangle et en vérifier la tension.
- Placer le tuba sous la sangle de masque.
- Faire respirer sur tuba.

2. EN IMMERSION

Pendant que l'élève se tient debout avec de l'eau jusqu'à la poitrine.
- Faire immerger la tête soit par flexion sur les jambes, soit par inclinaison du buste vers l'avant, sans remplir le tuba.
- Faire respirer puis habituer l'élève, toujours dans cette position, à immerger le tuba afin de le remplir et apprendre à le vider sans avaler d'eau.
- Étude de la position dans l'eau :
Le plongeur doit bien s'allonger sur l'eau et regarder vers l'avant en oblique. Il est indispensable de lui faire prendre conscience de son équilibre dans l'eau en position parfaitement horizontale.
- Contrôle ventilatoire
Habituer l'élève à avoir une inspiration lente et une bonne expiration.
Ce contrôle respiratoire acquis, faire revenir à terre chausser les palmes.

Avant d'entrer de nouveau dans l'eau, expliquer leur utilité:
- se déplacer
- se maintenir en surface la tête hors de l'eau (palmage de sustentation).

1) Apprentissage du palmage ventral

Le décomposer en deux temps:
Un temps pendant lequel la jambe s'enfonce dans l'eau, légèrement pliée au niveau du genou pour faciliter l'immersion de la palme, puis un temps qui débute lorsque la cuisse est à peu près à 45° par rapport à la position horizontale de départ, et pendant lequel la jambe se tend, le pied étant en extension, et remonte vers l'horizontale, la hanche servant de pivot.
Mouvement alternatif des jambes, partant de la hanche en 2 temps propulsifs: à la descente comme à la remontée. Cet exercice ne se décrit pas verbalement, il se démontre et se corrige.

ERREURS A ÉVITER

- Jambes trop fléchies ou trop tendues, palmes hors de l'eau, chevilles trop raides ou trop souples, fesses hors de l'eau, pédalage, etc..., cela pour le palmage ventral.

CONSÉQUENCES

- Annule l'efficacité, fatigue la jambe.
- Donne l'illusion d'avancer. Rendement très faible.
- Augmente inutilement la durée du mouvement, diminue la glisse, donc ralentit
- Augmentation de la résistance de l'eau. Perte d'énergie en raison d'une partie de poussée oblique du palmage, le rendement est mauvais, la position fatigante.

2) Apprentissage du palmage de sustentation

Il est important que ce type de palmage soit placé très tôt dans la progression d'enseignement, les élèves au début de leur formation ont besoin de l'utiliser souvent, avec efficacité, pour se maintenir en surface, tête hors de l'eau.

Compte tenu de son utilisation, il serait souhaitable de l'enseigner au tout début de la progression, cependant, pour des raisons psychologiques, il est préférable que le débutant apprenne à utiliser le masque, le tuba et les palmes sur un fond sur lequel il peut reprendre pied à tout moment, avant de passer à ce type de palmage.

Le mécanisme est le même que dans le mouvement de palmage ventral, à la différence près que l'amplitude du mouvement des jambes n'est plus limitée par la surface de l'eau, ce qui permet d'adopter un ciseau plus grand, et par suite, un rythme de battements plus lent. Cependant l'amplitude du mouvement ne devra pas être trop exagérée, ce qui provoquerait une oscillation dans le plan vertical.

Dans l'exécution de ce type de palmage, I'axe du corps doit être rigoureusement vertical, une inclinaison de cet axe ayant pour effet de provoquer le déplacement du plongeur en avant ou en arrière, à droite ou à gauche, selon le sens de cette inclinaison.

ERREURS A ÉVITER

- Se pencher en avant, en arrière, à droite ou à gauche.
- Flexion importante des genoux.
- Effectuer un mouvement de haut en bas (pédalage)
- Adopter un ciseau trop grand.

CONSÉQUENCES

-Perte d'efficacité, déplacements dans le sens de l'inclinaison entraînant un éparpillement de la palanquée.
- Manque d'efficacité.
- Inefficacité et fatigue.
- Oscillation.

La progression du palmage de sustentation consiste à faire exécuter cet exercice mains en l'air, puis avec un poids dans chaque main, puis avec une ceinture de lest à bout de bras.

3) Palmage dorsal:

L'action des palmes dans le palmage dorsal se trouve inversée par rapport à celle du palmage ventral. l'inconvénient majeur de ce type de palmage réside dans le fait que le plongeur ne peut pas contrôler sa direction. Par contre, il a l'avantage d'alléger le plongeur équipé et de lui donner une position de récupération; il permet de se déplacer en surface sans tuba, facilitant la ventilation.

4) Palmage costal:

Le mécanisme est le même que celui du palmage de sustentation. Profiter de cette étude pour indiquer que cette amplitude et ce rythme seront ceux du palmage en immersion.
L'enseignement des divers palmages, permettra d'éviter la monotonie du cours, et ouvrira la porte à des activités ludiques.
C'est tout à fait le genre de séance pour laquelle le moniteur devra adopter sa pédagogie aux caractéristiques de l'élève. Il devra rechercher des exercices récréatifs pour amener l'élève à ressentir le bon mouvement, celui qui est efficace et élégant.
Cette séance n'est qu'une découverte du palmage. Un entraînement progressif lui permettra d'améliorer sa technique et son efficacité durant les séances d'entraînement (Formation BE).

5) Préparation du vidage de masque:

DÉFINITION:

Apprentissage de la respiration buccale.
Dissociation bouche/nez.
L'apprentissage doit être progressif, I'élève commençant son éducation aux techniques de plongée.

PRÉSENTATION DE L'EXERCICE:

Exercice indispensable car pour pouvoir plonger, il faut pouvoir respirer et voir dans l'eau; il faut donc pouvoir impérativement vider son masque pendant la plongée (pénétration d'eau inopinée).

Dans l'air: faire respirer l'élève dans son embout, le nez pincé, puis avec le masque sur le visage, puis en mettant de l'eau dans le masque, afin de le faire inspirer par la bouche et expirer par le nez, le masque sur le visage.

Pour habituer l'élève à dissocier sa respiration buccale de sa respiration nasale et à maîtriser d'éventuels réflexes de suffocation, provoqués par le contact de l'eau sur les muqueuses (cas de vidage du masque), faire respirer sur tuba avec le masque sur le front ou sur la nuque. Tout d'abord à l'arrêt sur un point d'appui, puis en position de palmage ventral.

Le moniteur devra toujours sécuriser son élève et lui faire comprendre que passé le cap de la dissociation buccale/nasale, la plus grande partie des difficultés est dépassée et que ce petit 1/4 d'heure ouvre la porte à des heures de plaisir subaquatique.

6) Les différentes mises à l'eau:

- Toute les entrées dans l'eau, au cours de l'étude des différents types de palmage, serviront à l'apprentissage des techniques courantes de mises à l'eau.

- Depuis le bord d'une plage; en marche à reculons pour ne pas être gêné par les palmes.

- Par l'échelle d'un bateau ou d'un ponton; le dos tourné du côté de l'eau, I'élève regarde l'échelle.

- Depuis un bateau genre pneumatique: départ position assise et se laisser basculer en arrière, une main sur le masque et l'embout pour en éviter le déplacement, I'autre main sur la sangle du masque.

- Depuis le pont d'un bateau ou depuis un ponton: saut en avant en effectuant un pas dans le vide, une main maintenant la bouteille pour éviter un coup dans la nuque, I'autre main maintenant le masque et l'embout comme dans la mise à l'eau précédente.

Les deux dernières façons de faire ne seront mises en Ïuvre que lorsque l'élève saura vider son tuba après immersion. Les différentes mises à l'eau s'intègrent au cours de la progression.

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INITIATION A L'APNEE
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1) DÉFINITION

C'est le fait de retenir sa respiration, sur une inspiration ou sur une expiration. Le débutant pour réaliser certains exercices, doit pouvoir effectuer de courtes apnées. Cette leçon prend place au début de la formation. Le débutant sait nager. Il a des notions de palmages et a déjà été sensibilisé aux éducatifs respiratoires.

2) PRÉSENTATION DE L'EXERCICE: MOTIVATIONS

Expliquer que cet exercice est indispensable pour la suite de la formation du plongeur. Au cours des séances de scaphandre, I'élève pourra avoir à effectuer quelques courtes apnées: échanges de scaphandres, respiration à deux sur un embout, etc. Ainsi, I'entraînement à l'apnée, en temps et en distance, fait partie de la formation du plongeur.

3) SÉCURITÉ - SIGNES

«Cela va» et «cela ne va pas», «monte et descend». Ne jamais reprendre la respiration sans avoir soufflé dans le tuba. Ne jamais souffler dans le tuba lors d'une remontée en apnée. Équilibre des oreilles et du masque. Positionnement du masque et du tuba.

4) MATÉRIEL A UTILISER

Palmes, masque, tuba, combinaison et ceinture de lest (si besoin). Rappeler l'utilisation de ce matériel.

5) ORGANISATION MATÉRIELLE

Cette séance se déroule toujours auprès d'un point d'appui: échelle, pendeur, et par petit fond. Les exercices se pratiquent juste sous la surface.

6) DESCRIPTION DE L'EXERCICE

Au sec: faire exécuter un peu de ventilation, sans exagération (pas d'hyperventilation). Faire pratiquer quelques apnées avec masque et tuba.

Dans l'eau: le moniteur et l'élève sont ensemble, I'élève se tenant à l'échelle. Ensuite, faire exécuter une courte ventilation à l'élève. S'immerger à 1 mètre maximum pour une courte apnée. Ne pas oublier le signe «O.K.».

Bien contrôler que l'élève souffle dans son tuba à l'arrivée en surface. Après plusieurs apnées de ce type, de durée progressivement plus longue, I'élève pourra souffler dans son masque et ainsi conjuguer son initiation à l'apnée à celle du vidage du masque.

Dans cette première approche de l'apnée, il n'y a pas de déplacement, I'élève ne quitte pas le bord (il n'a pas encore vu les techniques d'immersion).

7) CONSEILS AU MONITEUR

A ce niveau, il faut insister sur la technique propre et surtout retirer de l'esprit de l'élève la notion de «record».

Le moniteur peut prendre 2 élèves, à ce moment-là, bien sûr, un seul travaille à la fois et le deuxième peut déjà s'habituer à surveiller son équipier. Entre plusieurs séries d'apnée, le moniteur fera nager ses élèves pour limiter le risque de la monotonie du cours, et les réchauffer un peu.

Bien sûr, ils nageront près du bord ou point d'appui, pas trop longtemps, car ils ne maîtrisent pas encore la technique du palmage.

N.B. - Le travail de l'apnée, qui doit faire partie de l'entraînement de base du plongeur, peut faire l'objet d'exercices préparatoires, à sec, dans l'eau en ayant pied, au cours de séances de palmage. On peut entraîner les élèves à conserver leur respiration pendant 15 secondes, puis pendant des temps de plus en plus longs, jusqu'à 50 ou 60 secondes. Faire ventiler amplement (cinq ou six fois au maximum) avant d'effectuer le canard. Ne pas aborder à ce stade l'hyperventilation, et l'apnée forcée, qui présentent des risques non négligeables.

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TECHNIQUE D'IMMERSION
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LE CANARD

A) DÉFINITION

Le canard est une technique qui, correctement pratiquée, permet en plongée libre comme en plongée avec scaphandre, une immersion rapide, demandant un minimum d'efforts, et permettant de conserver une position du corps qui assure un cap constant. Prérequis: initiation à l'apnée.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

- Baliser une zone de travail sur un fond de 3 à 5 mètres.
- Prévoir des points d'appui si la zone de travail est vaste.
- Ces points d'appui seront en nombre suffisant ou suffisamment grands pour permettre à plusieurs élèves de s'y reposer simultanément.
- Installer ou choisir des points de repères immergés.
- Les élèves sont équipés avec palmes, masque et tuba et éventuellement d'un vêtement isothermique et ceinture de lest selon les conditions climatiques.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

La progression se terminant par des immersions entre 3 et 5 mètres:
- Expliquer l'équilibrage des oreilles et du masque.
- Expliquer et exiger l'exécution du signe «O.K.» à chaque retour en surface.
- Enseigner les signes «monte» et «descend».
- Grouper les élèves deux par deux, de façon à ce que l'un d'eux puisse surveiller celui qui exécute l'exercice et vice versa.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1) AVANT L'IMMERSION Expliquer les différentes phases de l'exercice:

- Position de départ: corps allongé et immobile en équilibre.
- Prendre sa respiration et conserver son apnée.
- Casser du corps autour de la ceinture, de façon à amener le buste à la perpendiculaire des jambes.
- Redresser les jambes à la verticale, talons joints, pieds en extension.
- Début du palmage après l'immersion complète des palmes.
- Équilibrage des oreilles.
- Remontée, vidage du tuba et exécution du signe «O.K.».

La position de départ ayant été trouvée au cours du palmage, il n'y a pas lieu d'y revenir longuement, rappeler cependant la nécessité d'un bon équilibre.

Le casser du corps peut être facilité en «tirant l'eau à soi» avec les deux mains, qui en fin de parcours se porteront au nez pour équilibrer les tympans. Équilibragee des oreilles soit par déglutition pour les élèves ayant des trompes d'Eustache bien dégagées, soit dans la majorité des cas, en effectuant la manÏuvre de Valsalva, dès l'immersion, avant qu'apparaisse la sensation de gêne, et en la répétant environ tous les deux mètres au cours de la descente.

Faire moucher les élèves avant l'exécution. Dans le cas d'utilisation d'un masque à bossage, faire utiliser un doigt de chaque main pour se pincer le nez, car lors de l'utilisation de l'embout la manÏuvre sera plus difficile d'une seule main. Veiller à ne pas déplacer le masque afin d'éviter les entrées d'eau.

Le vidage du tuba ayant été acquis précédemment, passer rapidement, insister sur l'exécution du signe «O.K.» au retour en surface.

2) EN IMMERSION

Les élèves seront groupés deux à deux à proximité des points d'appui. Le moniteur fait une démonstration du mouvement complet à plusieurs reprises, en variant sa position de telle façon que les élèves la voient sous des angles différents.

Il décompose ensuite l'exercice en insistant sur les points particuliers et sur la manière d'éviter les mauvaises postures.

ERREURS A ÉVITER

- Ne pas plier le buste suffisamment.
- Exagérer le cassé.
- Ne pas lever les jambes correctement à la verticale.
- Plier les jambes
- Commencer à palmer avant l'immersion complète des jambes.
- Ne pas choisir un point de repère ou ne pas s'y référer.

CONSÉQUENCES

- Le corps ne s'immerge pas à la verticale.
- Le corps effectue une rotation autour de la ceinture qui joue le rôle de pivot.
- Augmentation de la traînée, immersion difficile.
- Les palmes viennent frapper l'eau en arrière du corps et freinent l'impulsion donnée par le cassé.
- Le palmage intempestif dans l'air rend l'immersion inélégante et difficile en augmentant la traînée.
- Ne permet pas de se rendre compte d'un éventuel déséquilibre du corps.

Faire exécuter et corriger l'exercice:

- d'abord avec masque, palmes et tuba, sans palmage après le cassé du corps (révision du vidage du tuba)
- même chose en équilibrant les oreilles
- puis en descendant sur le fond de 3 mètres puis de 5 mètres
- exécution sans se servir des bras
- à chaque remontée, exécution du signe «O.K.» et quelques instants de palmage de sustentation.

A la fin de la progression, faire exécuter des exercices d'aisance sous forme récréative, tel que canard sans masque, puis sans ceinture de lest, équipé du vêtement, etc.

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LE PHOQUE

A) DÉFINITION

Le phoque est une technique d'immersion basée sur l'augmentation du poids apparent d'un plongeur par diminution de son volume. Il permet de s'immerger sans avoir à effectuer un canard. C'est un excellent moyen éducatif amenant le plongeur à bien contrôler sa pesée et son apnée expiratoire.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

- Baliser une zone de travail sur un fond de 3 à 5 mètres.
- Prévoir des points d'appui si la zone de travail est vaste.
- Ces points d'appui seront en nombre suffisant ou suffisamment grands pour permettre à plusieurs élèves de s'y reposer simultanément.
- Installer ou choisir des points de repères immergés.
- Les élèves sont équipés avec palmes et masque, et éventuellement d'un vêtement isothermique et ceinture de lest, selon les conditions climatiques.

C) PRÉVENTION DES ACCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Le phoque s'apprend lorsque le canard a été maîtrisé. Les tympans et les sinus imposent les mêmes règles que pour le canard. L'apnée s'effectue dans ce cas après l'expiration. Le tuba ne doit pas être en bouche (vidage impossible en fin de phoque).

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1) AVANT L'IMMERSION

- Expliquer le but du phoque.
- Rappeler les techniques d'équilibrage
- Expliquer la technique du phoque en prenant la position idéale et en faisant une expiration sonore.

2) EN IMMERSION

Le plongeur est en sustentation verticale, la tête hors de l'eau. Simultanément:
- il pousse sur ses palmes pour se hisser hors de l'eau,
- il soulève les bras, mains jointes au-dessus de la tête
- il prend une inspiration forcée,

Arrivé à l'apogée du mouvement. Simultanément:
- il stoppe son palmage,
- il conserve ses jambes tendues jointes, pieds en extension
- il expire à fond.

En immersion, il conserve le corps tendu, touche le fond et remonte lentement.

ERREURS À ÉVITER

- Le plongeur n'expire pas ou peu
- le plongeur expire mais continue de palmer.
- le plongeur n'arrive pas à synchroniser la succession du mouvement.
- Le plongeur a les jambes ouvertes ou pliées.
- Le plongeur prend une position assise en cours de descente.

EFFETS

- Le corps ne s'immerge pas.
- Le corps ne s'immerge pas.
- Le corps ne s'immerge pas.
- Le corps ne coule pas.
- Le plongeur n'arrive pas à toucher le fond.

Récréation aisance

- Les élèves face à face font l'exercice ensemble.
- Ils s'entraînent à faire des séries de cinq phoques consécutifs avec en surface une seule inspiration-expiration.
- Ils s'entraînent à faire l'exercice sans masque et sans palmes.

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PRISE D'EMBOUT
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A) DÉFINITION

Prendre l'embout, c'est le placer dans la bouche.

La prise d'embout permet au plongeur en surface, qui respire sur tuba alors que son détendeur est immergé, de passer du tuba à l'embout sans avoir à sortir la tête de l'eau. La prise d'embout permet également au plongeur en immersion de reprendre son embout qu'il pourrait lâcher accidentellement (geste malheureux du plongeur ou d'un de ses compagnons, coup de palmes, etc.) ou prendre un détendeur de secours.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

Cet exercice s'effectuera au début avec un point d'appui en surface (échelle, bout, petit fond où l'on a pied) puis progressivement vers le fond sans dépasser 5 mètres (dans ce cas, prévoir des points d'appui à proximité immédiate).

Choisir une surface rocheuse horizontale, dépourvue d'algues, ou un fond de sable grossier, une piscine.

En milieu naturel, les zones idéales n'étant pas toujours faciles à trouver, il va de soi que le moniteur fera déplacer ses élèves toute les fois que l'eau, troublée par les mouvements des plongeurs, rendra la visibilité insuffisante.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

- Baliser la zone de travail.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1 ) AVANT L'IMMERSION

Décrire sommairement le principe de fonctionnement d'un détendeur, le faire fuser.
Insister sur la façon de capeler correctement un scaphandre.
Démontrer, à terre, la prise d'embout du détendeur.
Il suffit de souffler dans l'embout pour évacuer l'eau. On peut également faire fuser en appuyant sur le bouton surpresseur.

2) EN IMMERSION

Faire entrer les élèves dans l'eau jusqu'à la poitrine.
Ils respirent sur leur embout pour assister à la démonstration de l'exercice par le moniteur.
Le corps ne s'immerge pas.
Les élèves accroupis, accrochés ou à genoux, prennent l'embout juste sous la surface.

ERREURS A ÉVITER

- Ne pas souffler avant d'inspirer.
- En phase expiratoire ne pas purger le détendeur avant l'inspiration.

CONSÉQUENCES

- L'élève boit.
- L'élève boit.

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LA REMONTÉE SUR EXPIRATION
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A) DÉFINITION

C'est un exercice d'aisance et de sécurité consistant à remonter en apnée, d'une profondeur déterminée, adaptée au niveau technique du plongeur. Il a pour but d'assurer le contrôle du volume d'air dans les poumons au cours d'une remontée rapide provoquée par une panne d'appareil respiratoire afin d'éviter la surpression pulmonaire. (Au Brevet de plongeur Niveau 1 et Niveau 2, cet exercice doit se réaliser embout en bouche).

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

Sur un fond de 2 à 5 mètres en début de progression, puis progressivement sur des fonds plus importants de 5 à 10 mètres, de 10 à 20 mètres, (en fonction du Niveau des élèves) etc.
Prévoir un pendeur ou un point d'appui vertical permettant de stopper éventuellement la remontée de l'élève.
Effectuer en surface une surveillance renforcée.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

- Ne jamais faire effectuer cet exercice à la fin ou immédiatement après une plongée, mais toujours au début, pour éviter les risques d'accident de décompression dus à une remontée trop rapide.
- En début de séance, faire un rappel des signes du code de communication et du risque de surpression pulmonaire.
- Limiter au minimum le temps de préparation au fond.
- Si la leçon n'est pas suivie d'une plongée en fin de séance, appliquer la règle de sécurité utilisée après une remontée rapide.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1) AVANT L'IMMERSION

Définir l'exercice, en expliquer les buts, et son utilité dans le cadre de la sécurité. Faire un exposé concis, mais clair, sur la surpression pulmonaire.

Expliquer le mécanisme:

En fonction du niveau du plongeur, au fond, ou en cours de remontée, le plongeur place le tuba dans la sangle de son masque, prend une inspiration.

Si le départ s'effectue depuis le fond, il peut prendre appui des jambes pour accélérer le décollage, comme il le ferait dans le cas d'une remontée en catastrophe (panne d'air par exemple).

Pendant la remontée, il laisse progressivement l'air s'échapper de ses poumons pour éviter la surpression pulmonaire. Il convient de ne pas vider complètement les poumons dès le départ, ce qui alourdirait le plongeur et gênerait le retour en surface.

La difficulté essentielle réside dans le dosage de l'expiration.

Au plongeur de niveau 4, la première remontée s'effectuera en gardant l'embout en bouche afin que l'élève soit plus décontracté, mais il utilisera cet embout uniquement pour expirer. Ensuite il ôtera l'embout de la bouche et le conservera à la main.

a) Dans le cas d'une remontée d'une profondeur comprise entre la surface et moins de 10 mètres: expiration lente mais continue (laisser «filer» I'air pendant toute la remontée).

b) Dans le cas d'une remontée d'une profondeur supérieure à 10 mètres: expiration en plusieurs phases au fur et à mesure de la remontée:

- une expiration à quelques mètres après le début de la remontée
- une expiration à mi-profondeur;
- à partir de moins de 10 mètres, reprendre l'expiration lente mais continue décrite dans le paragraphe ci-dessus.

En fonction du niveau, en arrivant près de la surface, le plongeur ralentit, effectue un «tour d'horizon» cherche à déceler le bruit d'un moteur ou d'une hélice, s'assure que la surface est libre, il place son tuba dans la bouche, le vide en surface et fait le signe «O.K.».

Après avoir expliqué pourquoi cet exercice est toujours placé en début de plongée et jamais en fin, ou immédiatement après (risque d'accident de décompression), le moniteur indique l'organisation du groupe et la discipline à suivre, ainsi qu'une convention de langage; exemple lorsqu'il portera l'index à ses lèvres, ceci rappellera aux élèves qu'ils doivent souffler.

Insister sur le fait que les élèves doivent être très attentifs aux ordres du moniteur et n'exécuteront l'exercice qu'au commandement de celui-ci.

2) APRES L'IMMERSION

Les élèves équipés du scaphandre suivent le moniteur qui démontre l'exercice en insistant sur le fait qu'il souffle.

Un par un, sous surveillance du moniteur, les élèves exécutent l'exercice depuis un fond de 2 mètres. Le moniteur reste prêt à bloquer ascension si l'élève bloque sa respiration.

Si la visibilité et l'état du plan d'eau le permettent, le moniteur peut laisser en surface, sur tuba, les élèves qui n'exécutent pas l'exercice afin de ménager leurs tympans. Ceux-ci devront éviter de s'éparpiller et resteront au-dessus des bulles. Ce n'est que lorsque l'exercice est exécuté avec une aisance parfaite que l'on augmentera la profondeur de départ.

Le perfectionnement des élèves sera recherché en prolongeant le temps de remontée.

ERREURS A ÉVITER

- Rester en apnée.
- Expirer trop tôt une grande quantité d'air.
- Reprendre la ventilation ou l'embout (en fonction du niveau) sans s'arrêter.

CONSÉQUENCES

- Accident de surpression
- Le plongeur s'alourdit inutilement, éprouve le besoin de respirer, ce qui l'oblige à reprendre sa ventilation avant la surface.
- Le plongeur, à bout de souffle, inspire goulûment et risque d'arriver en surface sans pouvoir vider ses poumons (surpression pulmonaire)

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VIDAGE DU MASQUE
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A) DÉFINITION

C'est la manoeuvre qui permet, au plongeur, d'évacuer l'eau qui peut parfois pénétrer dans le masque pendant l'immersion, sans qu'il soit obligé de remonter en surface.

C'est l'un des premiers exercices de sécurité à enseigner aux élèves plongeurs. Il faut en effet qu'un plongeur sache réagir lorsque son masque est déplacé, voire arraché par un coup de palme ou un geste brusque d'un autre plongeur, ou encore par des algues ou un rocher.

Un débutant qui se trouverait par 20 mètres de fond avec un masque plein d'eau, risquerait de s'affoler, de transformer un incident bénin en accident pouvant avoir des conséquences dramatiques s'il n'a pas maîtrisé cet exercice.

En effet, l'eau venant en contact direct avec le visage, le plongeur risque d'être gêné par l'irruption brutale de l'eau sur les muqueuses des fosses nasales, et son contact avec les yeux.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

C'est la même que celle décrite dans le chapitre II sur l'utilisation du masque, du tuba et des palmes les élèves seront équipés du scaphandre autonome. Les premiers exercices seront effectués par le moniteur et un élève à la fois. Prévoir à proximité de cette zone de travail, une zone sur un fond de 3 mètres environ pour une application en fin de progression.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Rappel des consignes sur la surpression pulmonaire et l'équilibre des oreilles.
Révision des signes «O.K.», «monte», «descend» et «ça ne vas pas».

Notions de surveillance réciproque dans les groupes de deux plongeurs, faire prendre conscience aux élèves que la plongée n'est pas un sport individuel mais collectif où chaque plongeur est, en partie responsable de la sécurité de son compagnon.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1) AVANT L'IMMERSION

- Expliquer les motivations de l'exercice.
- Expliquer la technique: elle consiste à évacuer l'eau contenue dans le masque en soufflant par le nez, le masque se comportant comme une cloche dans laquelle on insufflerait de l'air.
Pour cela:
Maintenir le masque sur le visage sur sa partie supérieure.
Redresser la tête de façon à ce que la vitre du masque soit légèrement oblique en regardant la surface, commencer à souffler tout en exécutant le mouvement. Souffler par le nez, sans précipitation, mais avec énergie.
- Imposer une discipline d'exécution, position des élèves, conduite à tenir, etc.

2) EN IMMERSION

Faire effectuer une révision des exercices de respiration sur tuba, sans masque. Il est en effet impensable qu'un élève puisse vider son masque, s'il ne sait pas dissocier la respiration nasale de la respiration buccale. L'élève devra, à titre d'exercice préparatoire, respirer sans masque, à l'arrêt, en déplacement, sur tuba et sur embout. Les élèves sont disposés sur un fond où ils ont pied; scaphandre capelé. Ils respirent sur embout et ils s'immergent pour assister à la démonstration du moniteur.
En faisant bien comprendre qu'il souffle par le nez, le moniteur exécute l'exercice: masque vide, puis à peine rempli, puis à moitié rempli et enfin plein. Il démontre les fautes à éviter (en particulier souffler par la bouche et non par le nez).
Après avoir fait exécuter l'exercice masque vide, le moniteur fait entrer lui-même l'eau dans le masque de son élève, en augmentant progressivement la quantité, au fur et à mesure de la progression.
Ensuite, I'élève fait entrer lui-même l'eau dans son masque, et répète l'opération jusqu'au vidage complet, puis l'enlève complètement.
Le début de la progression peut se faire en apnée; I'élève respirant sur tuba, remplit son masque en surface, s'immerge sur un fond où il a pied, vide son masque et refait surface.
Lorsque l'exercice est bien maîtrisé, le moniteur conduit ses élèves sur un fond de 3 à 5 mètres et faire recommencer 1'exercice jusqu'au vidage complet.
Si l'aisance des élèves le permet, il peut leur retirer inopinément le masque.


ERREURS A ÉVITER

- Souffler par la bouche.
- Souffler de trop petits volumes d'air par à-coups.
- Trop basculer la tête en arrière.
- Soulever la jupe du masque en exerçant une trop forte pression avec les mains.
- Mal positionner son masque (jupe sur les cheveux ou sur la cagoule).

CONSEQUENCES

- Le masque ne se vide pas.
- Le masque se vide mal.
- Un peu d'eau risque d'entrer dans le fond du nez et dans l'arrière-gorge bloquant ainsi par réflexe l'expiration nasale.
- Le masque s'écarte du visage et l'air s'en échappe sans chasser l'eau.
- Le masque se vide, mais se remplit aussitôt.

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Le poumon ballast
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A la fin de l'exercice, il est possible sous forme récréative de faire exécuter un éducatif appelé «poumon ballast» qui permet au débutant de prendre conscience de sa pesée et de lui faire trouver son équilibre en immersion.

Cet exercice consiste à se laisser couler en s'alourdissant par une expiration forcée, en restant le corps bien droit, les mains en avant avec pour axe la pointe des palmes. Puis, sans l'aide des bras, à se soulever sur une inspiration forcée. Il va de soi que le lestage doit être précis pour que cet exercice soit réalisable. L'élève prendra ainsi conscience qu'il peut s'alourdir ou s'alléger sans modifier son lestage.

ERREURS A ÉVITER

- Mauvaise tenue du corps.
- Ne pas expirer, une fois la position verticale de nouveau atteinte.
- Mauvaise inspiration forcée.

CONSEQUENCES

- Le plongeur ressent mal l'effet d'alourdissement.
- Risque de surpression.
- Le plongeur doit s'aider des bras pour se redresser.

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L'échange d'embout et vice versa
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Faire passer l'embout au tuba et du tuba à l'embout, sans sortir la tête de l'eau. Faire déplacer progressivement les élèves jusque sur un fond de 5 mètres en répétant des prises d'embout entrecoupées de petites apnées de 10 à 15 secondes. Vérifier l'aisance des élèves sur un fond de 5 mètres en leur faisant lâcher l'embout, placer le tuba sous la sangle du masque. Faire surface et prendre le tuba, petite ventilation au tuba, puis reprendre l'embout, replacer le tuba et redescendre (au passage, signaler le risque de perte du tuba placé dans la ceinture du lest).

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LA RESPIRATION A DEUX SUR UN SEUL EMBOUT
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A) DÉFINITION

La respiration à deux sur un seul embout permet à deux plongeurs de respirer alternativement sur le même appareil dans le cas d'un manque d'air de l'un deux.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

La première leçon peut se dérouler:
- soit en piscine,
- soit en milieu naturel sur fond de 1 à 3 mètres.
Selon la température de l'eau, I'élève sera en maillot de bain ou revêtu d'un vêtement isothermique (prendre en considération le lestage).
En milieu naturel, la zone de travail sera nettement délimitée, et le secteur où l'élève n'aura pas pied, devra être proche d'un point d'appui lui permettant de se reposer (rocher, embarcation, ponton, etc.).

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Rappeler les dangers de la surpression pulmonaire. Augmenter légèrement le lestage en début de progression.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

En préalable de ces exercices entre 3 et 5m, le moniteur devra s'assurer, dans l'ordre chronologique ci-dessous:
a) que l'élève maîtrise la remontée en expiration de cette profondeur et effectue cette remontée en conservant impérativement l'embout en bouche;
b) que son élève est apte à remonter vers la surface par phases successives au cours desquelles il ôtera son détendeur de la bouche et le conservera en main, remontera en expiration en reprenant obligatoirement son détendeur au moins une fois au cours de la remontée afin d'effectuer un cycle ventilatoire complet. (Simulation de la reprise d'embout dans l'exercice d'échange.)

1) AVANT L'IMMERSION

L'immersion relative du donneur et du receveur a peu d'importance. Il importe de veiller à donner l'embout dans le bon sens, tuyères d'évacuation vers le bas pour qu'elles ne butent pas dans le masque pendant la prise problématique. C'est le receveur qui éventuellement fera fuser le détendeur.
- Les plongeurs sont en position verticale, le receveur se place à côté du donneur, à l'opposé du tuyau de moyenne pression.
- Les plongeurs sont en position horizontale; le donneur est à côté du receveur. Cette formation présente l'avantage d'éviter le retournement de l'embout et rend son passage plus rapide.
Dans les deux cas d'utilisation, imposer un rythme de respiration. Exemple: respirer une ou deux fois et passer l'embout. (Pour des raisons d'hygiène, le passage du détendeur peut-être simulé.)

2) EN IMMERSION

Faire entrer les élèves équipés dans l'eau jusqu'à la poitrine.
Ces derniers respirent sur leur embout pour assister à la démonstration de l'exercice par le moniteur qui choisira l'élève le plus à l'aise dans la progression pour démontrer l'exercice de respiration à deux.
Les élèves exécutent le mouvement de lâcher d'embout, sur un fond de 5 mètres, restent en apnée pendant 10 secondes puis reprennent 1'embout de façon à synchroniser le mouvement.
Exécution en position verticale, puis horizontale, puis en remontant vers la surface et finalement en déplacement (en fonction du niveau du plongeur).
Sur un fond de 3 mètres, faire respirer trois élèves sur un seul appareil (éducatif d'aisance).

ERREURS A ÉVITER

- Enfoncer de force l'embout dans la bouche du receveur.
- Placer l'embout déflecteurs en haut.

CONSÉQUENCES

- Le receveur prend mal l'embout et risque de boire.
- Les déflecteurs butent sur le masque rendant la prise difficile. Le receveur boit.

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LE DÉCAPELAGE ET LE RECAPELAGE
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A) DÉFINITION

Le décapelage est un exercice d'aisance et de sécurité qui consiste à enlever le scaphandre sous l'eau, le recapelage constituant la maneuvre inverse.
Sous forme d'exercice, cet ensemble de mouvements permet de perfectionner l'aisance des élèves; c'est aussi un moyen parfois utilisé pour franchir des passages étroits que l'on ne peut traverser qu'en tenant le bloc devant soi. En tant qu'exercice de sécurité, il permet de ravitailler en air un plongeur qui, durant un long palier, aurait épuisé sa réserve d'air et a besoin de changer de scaphandre.
C'est une des épreuves du brevet de plongeur Niveau 2.

N.B. - D'où nécessité d'apprentissage de l'exercice en pleine eau, en fin de progression.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

Exercice placé dans la progression lorsque les élèves maîtrisent la remontée sur expiration; le moniteur utilisera une zone de travail sur fond de 5 mètres, suffisamment dégagé pour assurer une bonne visibilité, comme il a déjà été décrit au chapitre VI.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

- Baliser la zone de travail comme dans les leçons précédentes.
- Prévoir au début de progression un lestage relativement lourd pour les élèves.
- Révision de l'ensemble des signes du code de communication.
- Rappel du risque de surpression pulmonaire.
- Veiller à ce que les élèves ne serrent pas trop le sanglage de leur scaphandre.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1) AVANT L'IMMERSION

- Le moniteur doit définir l'exercice et en expliquer les buts.
- Faire la description et la démonstration de l'exercice:
- Le scaphandre étant capelé, prendre la position à genoux par exemple. Les cuisses et les pieds ne seront pas serrés de façon à laisser le passage de la sangle d'entre-jambes (sous-cutale).
- Larguer la sous-cutale. Refermer la boucle.

Pour un décapelage "par dessus la tête":

Faire glisser le bloc au-dessus de la tête en le tirant par les sangles. Ensuite, saisir le bloc à deux mains, le poser devant soi en l'accompagnant avec le corps. I e plongeur se retrouve à plat ventre devant son bloc. Pendant ce passage de la position assise sur les talons à la position à plat ventre, le corps est allégé du poids apparent du bloc et de son contenu, ce qui aura tendance à provoquer une remontée, pieds en haut. (danger de surpression). Pour pallier cet inconvénient, le plongeur doit vider ses poumons, afin d'augmenter son poids apparent, lorsqu'il accompagne le bloc devant lui, et plaquer le buste sur le fond.

Pour un décapelage "sur le côté":

Après le largage de la sous-cutale ou autre système de fixation, procéder comme on le ferait avec un sac à dos, en prenant soins de dégager en premier la sangle qui se trouve à l'opposé de la tubulure d'arrivée d'air. Ensuite, dégager la seconde sangle, ramener le bloc devant soi et le poser sur le fond en l'accompagnant, la robinetterie étant du côté du plongeur. Dès que la première sangle est enlevée, le plongeur vide ses poumons pour s'alourdir. A l'issue de l'exercice le plongeur se retrouve en fin de décapelage à plat ventre devant sa bouteille, il lâche alors son embout et simultanément il ferme l'arrivé d'air.

Pour le recapelage, I'ordre des mouvements va être inversé: Le plongeur se place à plat ventre devant le bloc, du côté de la robinetterie, le corps étant dans le prolongement de la bouteille, il ouvre l'arrivée d'air et prend l'embout.

Recapelage "par dessus la tête":

- Disposer la sous-cutale dans le prolongement du bloc pour éviter qu'elle ne se coince sous une sangle.
- Écarter les sangles de part et d'autre du bloc en veillant à ne pas les croiser, les glisser derrière les coudes. Les mains posées sur le bloc, coudes écartés, faire passer le bloc par dessus la tête par un mouvement d'avant en arrière des bras en ramenant simultanément le corps en position à genoux, laisser le bloc le long du dos, ajuster les sangles, replacer la sous-cutale, repasser son crochet dans la boucle de ceinture.

Recapelage "sur le côté":

- Relever la bouteille, vérifier que la sous-cutale n'est pas passée sous une sangle.
- Glisser le bras correspondant sous la sangle côté tubulure, placer la bouteille sur le dos, glisser le second bras sous la deuxième sangle, replacer et accrocher la sous-cutale.

2) EN IMMERSION

Les élèves équipés du scaphandre descendent avec le moniteur et assistent à la démonstration de l'exercice. Pendant cette démonstration, le moniteur insiste sur les consignes d'exécution.
Les élèves groupés deux par deux exécutent l'exercice.
- Pendant le premier décapelage, l'élève ne lâchera pas l'embout, mais respirera une quinzaine de secondes en maintenant son bloc devant lui, avant de recapeler.
- Puis décapelage, évolution sur le fond, embout en bouche, recapelage.

ERREURS A ÉVITER

- Ne pas assurer le maintien de la ceinture lorsqu'on décroche la sous-cutale.
- Ne pas accompagner le bloc en le posant sur le fond.
- Ne pas vérifier la position de la sous-cutale au moment du recapelage.
- Croiser les sangles ou se placer du côté du fond du bloc.
A toutes ces fautes s'ajoutent celles décrites dans leçon sur la prise d'embout.

CONSÉQUENCES

- La ceinture tombe, l'élève allégé remonte
- L'élève allégé remonte.
- Recherche parfois difficile quand elle est coincée sous une sangle.
- Impossible de recapeler.

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L'ECHANGE DE SCAPHANDRE
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A) DÉFINITION

L'exercice consiste, après décapelage, à échanger, sous l'eau, son scaphandre autonome avec celui d'un camarade. Il peut trouver son application dans le cas où un plongeur, devant effectuer un long palier, a épuisé sa réserve d'air, se ferait ravitailler en air par un autre plongeur. Mais c'est avant tout un exercice d'aisance qui nécessite une bonne synchronisation de mouvement, de la part des deux plongeurs qui l'exécutent. C'est une des épreuves du plongeur Niveau 2.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

C'est exactement la même que celle préconisée au chapitre précédent.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Les mêmes précautions que pour les exercices de décapelage et de recapelage sont à prendre.
Grouper les élèves deux par deux, si possible de même corpulence et de même taille (le réglage des sangles de leurs scaphandres pouvant être très différent, ce qui rendrait le recapelage moins aisé).

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1) AVANT L'IMMERSION

- Expliquer l'exercice et ses motivations.

L'exercice comprend en pratique trois phases: a) un exercice de décapelage; b) l'exercice d'échange proprement dit; c) un exercice de recapelage.

Les phases a) et c) devant être maîtrisées par les élèves ne feront, de la part du moniteur, que l'objet d'un rappel. C'est sur la position réciproque des élèves au moment du recapelage, et sur la phase b) qu'il y aura lieu d'insister.

- Démontrer à terre l'exercice.

Deux plongeurs se font face, ils se décalent sur le côté pour ne pas se gêner pendant le décapelage, mais restent proches. Après le décapelage, trois méthodes principales peuvent être démontrées:

1. - Les deux plongeurs se rapprochent l'un de l'autre en tenant leur bloc devant eux jusqu'à ce que les robinetteries soient côte à côte. Lorsqu'ils sont prêts, à l'exécution du signe «O.K.», ils enlèvent leur embout et d'une main maintiennent bloc et embout pendant qu'avec l'autre main, ils saisissent le bloc et l'embout de leur camarade.
Chacun pour ne pas gêner l'autre. Ils replacent leur bloc devant eux, prennent la position de recapelage étudiée au chapitre précédent. Cette manÏuvre ayant pour effet de tourner le ou les tuyaux du détendeur, ils convient de les détorsader avant de recapeler.

2. - Les deux plongeurs, après le décapelage, placent leur embout sous la robinetterie ou sur le bloc. Si leur aisance le permet, ils ferment l'arrivée d'air, et se déplacent en apnée pour aller prendre la position de recapelage devant l'autre bloc. Ils ouvrent éventuellement la bouteille, prennent l'embout et recapèlent.

3. - Les plongeurs se rapprochent en tenant leur scaphandre devant eux. Ils s'arrêtent face à face, prennent la position à genoux et maintiennent leur bloc, debout, côte à côte. Au signe «O.K.» chacun ramène son embout près de la poignée de portage, afin de tenir d'une seule main bloc et embout pendant que l'autre main saisit le bloc et l'embout du compagnon. A ce stade, ils tournent le bloc d'un demi tour pour qu'il se présente dans une position convenable pour le recapelage. Les deux plongeurs s'écartent pour ne pas se gêner et ils recapèlent.

2) EN IMMERSION

Les élèves descendent avec le moniteur et assistent à la démonstration, pendant laquelle le moniteur montre les fautes à éviter. Les élèves exécutent un décapelage et recapelage sans échange, de façon à synchroniser leurs mouvements.
Puis ils exécutent un échange selon la première méthode, puis selon la deuxième et la troisième au fur et à mesure que les précédentes sont parfaitement maîtrisées.

ERREURS A ÉVITER

- Tendre l'embout à son compagnon au lieu de le maintenir sur le bloc.
- Lâcher l'embout avant que son camarade l'ait saisi.
A ces fautes s'ajoutent toutes celles décrites dans l'échange d'embout.

CONSÉQUENCES

- Risque de mélange des tuyaux, le bloc non tenu risque de tomber.
- Perte de contact avec le détendeur.

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APPRENTISSAGE DE L'UTILISATION DU GILET DE SÉCURITÉ
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PRÉAMBULE

Cet exercice s'adresse à des plongeurs ayant acquis une technicité suffisante après le Brevet Niveau 1

A) DÉFINITION

Cet exercice consiste à remonter à l'aide du gilet de sécurité à une vitesse aussi proche que possible de la normale d'une part, et à s'équilibrer en immersion ou à se maintenir en surface.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

- Baliser une zone d'activité.
- Installer un pendeur suffisamment lesté, muni d'une bouée.

S'assurer que le gilet de chaque élève est en bon état, que le système d'insufflation fonctionne correctement, et qu'il contient une quantité d'air suffisante pour remplir le gilet, à la profondeur à laquelle va être exécuté l'exercice. Vérifier le fonctionnement des purges, rapide ou lente, contrôler le sanglage (gilet gonflé sangles légèrement tendues). S'assurer du bon fonctionnement de la soupape de sécurité et vérifier que le bouchon de vidange est bien fermé.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Prévoir sur la surface de la zone de travail une surveillance efficace.
Un petit bateau de sécurité restera en permanence en vue des bulles.
Ne jamais programmer cette leçon à la fin ou immédiatement après une plongée.
Dans le cas où l'exercice n'est pas suivi d'une plongée, appliquer la règle de sécurité prévue pour les remontées rapides.
S'assurer que les élèves ont déjà effectué avec une aisance parfaite des remontées sur expiration depuis la profondeur de l'exercice.
Faire un rappel des risques de surpression pulmonaire.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1) AVANT L'IMMERSION

- Présentation du matériel et explication de son fonctionnement.
- Explication sur la façon de la sangler.
- Description du déroulement de l'exercice.
Manoeuvre du gilet en surface détendeur en bouche, acquisition du rythme de remplissage du gilet.
Dès que le gilet a été gonflé, s'assurer que l'apport de gaz comprimé a été stoppé, et qu'il est possible d'utiliser le système depurge dès que cela est souhaitable.

En cours de remontée, le plongeur doit veiller:

- au libre cours de sa ventilation pulmonaire pour éviter la surpression;
- à son niveau d'immersion en lisant son profondimètre, mais sans être obnubilé par celui-ci, car il doit aussi regarder ce qui se passe autour de lui;
- à prendre en main, avant le niveau de purge, son système de vidange de gaz.

Le niveau de purge varie en fonction des facteurs suivants:

- type du gilet;
- profondeur de départ;
- poids apparent du plongeur;

Afin de freiner au maximum sa remontée, il faut vider ses poumons pour augmenter son poids apparent et offrir le plus de résistance possible à l'eau. Il est impératif de pouvoir s'arrêter et se stabiliser à la profondeur désirée.

Après un ou plusieurs exercices de gilet - qui, il faut le rappeler, ne doivent jamais être faits en fin, où immédiatement après une plongée - il faut appliquer la règle des demi-profondeurs et se conformer à une vitesse de remontée normale.

- Après ces explications, le moniteur impose une convention de langage pour l'exercice.
- Expose l'organisation du groupe et sa discipline de manoeuvre.
- Vérifie l'organisation de la surveillance en surface et le respect des consignes de sécurité.

2) EN IMMERSION

S'étant bien assuré que tous les élèves ont déjà fait des remontées sur expiration depuis la profondeur d'exercice, et qu'ils ont fait preuve d'une aisance parfaite dans leur réalisation, le moniteur fait exécuter la progression suivante:

- Dans l'eau, en surface, le gonflage du gilet et vidange.

- Descendre les élèves et les stabiliser, groupés à 10 mètres. Le moniteur descend à 20 mètres et démontre l'exercice.

Démonstration

Le moniteur commence par exécuter une démonstration lente qui permettra à l'élève de percevoir les temps forts de cette technique, qui consiste, gilet rempli, à laisser la purge tendue à l'horizontale en position ouverte laissant le gaz en excédant s'échapper au cours de la remontée (Mariotte), ce qui permet d'avoir une vitesse de remontée constante.

En élevant la purge, le gaz s'échappe plus vite, en l'abaissant on stoppe l'évacuation du gaz.

L'élève doit constater alors visuellement, la variation du débit de la purge et contrôler auditivement celui-ci.

Ayant au préalable indiqué à chaque élève, en fonction de sa morphologie et du type d'appareil utilisé, la profondeur approximative de purge, descendre à 10 mètres. Gonflage partiel, le moniteur restant à côté de l'élève, «remontée test» de prise de contact avec le matériel et de prise de conscience des sensations ressenties.

Application

- ManÏuvre du gilet: I'élève remplit son gilet, sous le contrôle proche du moniteur qui le maintient par une sangle, jusqu'au terme de son ascension. Il exécutera une remontée rapide de - 20 mètres afin de sentir la progressivité du décollage et l'efficacité de l'arrêt. Ensuite faire exécuter une remontée lente de -20 mètres à - 10 mètres. (Le moniteur pendant ces remontées, surveillera la vitesse, la ventilation régulière de l'élève).

- Gilet: faire exécuter une remontée de - 20 mètres jusqu'à la surface, le moniteur accompagnant à nouveau son élève. Dans cette nouvelle ascension, le moniteur surveillera tout particulièrement la vitesse de remontée dans la zone des dix derniers mètres, où le contrôle s'avère beaucoup plusdifficile.

Pendant la remontée:

- L'élève doit s'assurer qu'il remonte surtout par le contrôle de l'environnement et des bulles, et non par le profondimètre.
- Dans la zone des derniers mètres, le moniteur rappelle par signe à l'élève le contrôle de surface en effectuant un tour complet.

Si le nombre d'élèves est trop important, il est préférable d'organiser la leçon avec trois moniteurs, un restant au fond, un sestabilisant à demi-profondeur, le troisième accueillant les élèves en surface.

ERREURS A ÉVITER

- Insufflation nulle ou insuffisante.
- Bouchon de vidange ouvert.
- Sanglage trop serré.
- Sanglage du gilet par-dessus la ceinture.
- Système d'insufflation non stoppé.
- Système de purge coincé ou inaccessible.
- Blocage respiratoire.
- Non contrôle de la profondeur ou manque d'entraînement.
- Exécuter les exercices en fin ou immédiatement après une plongée ou non-respect de la règle des demi-profondeurs.

CONSÉQUENCES

- Le gilet ne se gonfle pas ou pas assez.
- Eau dans le gilet et fuite de gaz.
- Compression du plongeur et du gilet qui perd de son volume utilisable.
- En cas de nécessité de largage, celle-ci reste accrochée.
- L'arrivée de gaz dans le gilet risque d'empêcher l'arrêt, et éventuellement de l'eau pénètre dans la bouteille.
- Arrêt avant la surface impossible.
- Surpression pulmonaire
- Difficulté pour doser la vitesse de remontée qui sera ou trop lente ou trop rapide, amenant un arrêt trop tôt ou impossible.
- Risque d'accident de décompression.

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LA REMONTÉE D'UN PLONGEUR ÉQUIPÉ
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A) DÉFINITION

Cet exercice consiste à porter secours à un plongeur en difficulté, ou ayant perdu connaissance, à le remonter en surface, à leramener jusqu'au bateau ou à terre, et à aider à son déséquipement en vue de le hisser au sec.
Au même titre que la remontée P.A., le sauvetage est un exercice de sécurité que chaque plongeur doit pouvoir être en mesure d'effectuer dans les meilleures conditions possibles, ceci afin que son intervention ait le maximum de chance de succès. C'est un exercice permettant aussi de tester les qualités physiques du plongeur.
C'est l'une des épreuves du brevet de plongeur Niveau 4, du Brevet d'Etat d'éducateur sportif et du brevet de moniteur fédéral.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

Baliser une zone de travail sur des fonds de 3 à 20 mètres.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Prévoir une petite embarcation de surveillance qui restera proche des bulles. Ces exercices demandent un contrôle rigoureux des temps de plongée, qui doivent toujours rester largement en deçà de la courbe de sécurité, les élèves ayant à produire des efforts et un travail musculaire importants au cours de leur immersion.
L'organisation de ces exercices doit être méticuleuse pour éviter les temps morts ou l'absence de contrôle, même très bref, du moniteur qui doit pouvoir à tout moment intervenir. Ne faire exécuter cet exercice que par des élèves ayant maîtrisé les exercices de sécurité précédents et en bonne condition physique (s'assurer de ce fait).
Consacrer des séances exclusivement réservées à ces exercices qui ne doivent, en aucun cas être faits en fin ou immédiatement après une plongée.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

1) AVANT L'IMMERSION

- Définir l'exercice et en expliquer les motivations.
- Expliquer et démontrer à terre l'approche, les prises, les tenues et le déséquipement. La technique se décompose en trois parties:

a) Au fond

Un chef de palanquée doit toujours être vigilant. Une grande part de la réussite de son sauvetage dépend de la rapidité de son intervention. La rapidité des gestes ne doit cependant pas nuire à leur coordination et leur efficacité (il est souvent préférable de consacrer quelques secondes pour assurer la prise de l'accidenté).

1°) Les préparatifs: Aussitôt que le leader s'aperçoit de l'accident, il doit tirer sa réserve, ceci pour être sûr de ne pas avoir à le faire en cours de remontée.
2°) Actions sur le plongeur: L'approche de l'accidenté doit se faire en veillant à ce qu'un éventuel mouvement de panique ne risque pas de faire perdre au sauveteur son masque ou son embout.

Le point le plus important consiste à assurer la possibilité de respiration. Si l'embout a quitté la bouche de l'accidenté, il est primordial de le lui replacer. La perte ou le risque de perte de cet embout est lié aux circonstances de l'accident, au type de détendeur et à la position du sujet. Il va de soi que la nécessité de le lui maintenir dans la bouche est primordiale. Cependant, en fonction des facteurs cités plus haut, on peut être amené à passer la réserve et larguer la ceinture avant de s'occuper du maintien de l'embout en bouche.

a) L'accidenté repose sur le fond.

Le sauveteur passe son bras droit sous l'aisselle correspondante du plongeur en difficulté et lui maintient l'embout en bouche. De l'autre main, il le retourne (si celui-ci repose sur le ventre) et le soulève, pour le mettre en position assise. Il lui baisse sa réserve et largue sa ceinture.

Ces manoeuvres effectuées, le buste de l'accidenté est perpendiculaire à celui du sauveteur, qui lui applique sa main libre sous le bloc, au niveau des reins. L'embout maintenu et la prise assurée, le sauveteur prend appui sur le fond et pousse vigoureusement, pour se décoller et permettre une action de palmage efficace.

b) L'accident se produit en pleine eau.

Il faut simultanément éviter la perte d'embout et stopper la descente.

L'intervention est plus difficile, les actions sont les mêmes mais le sauveteur ne bénéficie pas, pour amorcer sa remontée, de l'impulsion sur le fond. Il peut, dans ce cas, utiliser une prise qui consiste à maintenir:
- d'une main, le plongeur toujours de profil, par le menton,
- et de l'autre main, au niveau lombaire.

b) Pendant la remontée

- La condition physique du sauveteur doit être bonne et son palmage efficace.
- La trajectoire de remontée doit être la plus voisine possible de la verticale.
- Le sauveteur doit bien s'assurer:
qu'il remonte (profondimètre, environnement)
que l'effort physique qu'il fournit ne le conduit pas à un blocage thoracique. Il doit de plus s'assurer que le point d'émersion est libre.

c) En surface

- Attirer l'attention du bateau de surveillance en effectuant le signal de détresse avec la main qui ne tient pas l'embout; ne pas crier et conserver son propre embout.
- Replacer la main libre, soit contre les omoplates, soit à l'ogive du bloc, ce qui permet de maintenir la tête de l'accidenté hors de l'eau embout en bouche.
- Remorquer aussi rapidement que possible le plongeur vers le bateau, ou tout point d'appui permettant de le sortir de l'eau.
- Une fois le point de secours rejoint, la participation du sauveteur dans l'eau est primordiale. C'est lui qui est le mieux placé pour le déséquiper et permettre de le hisser hors de l'eau (les façons de déséquiper varient en fonction des points d'appui disponibles). Il reste important que, durant cette opération, les voies respiratoires de l'accidenté ne soient pas submergées.
- Le moniteur insistera sur les fautes à éviter. En raison de la relative complexité de la technique de cet exercice, les erreurs commises peuvent être nombreuses et toutes compromettre la réussite du sauvetage.
- Le moniteur fera exécuter ces techniques à sec par les élèves.
- Préparer les exercices du jour (convention de langage, organisation du groupe, discipline de manÏuvre, consignes de sécurité et de surveillance).
- Prendre en considération la condition physique et prévoir au besoin dans la progression cette mise en condition.

2) EN IMMERSION

- Suivre une progression établie sur plusieurs séances (à titre d'exemple).

Séance A)

Entraîner les élèves à remonter du lest depuis 20 mètres de fond. Perdre le moins de temps possible au fond comme en surface.
Faire un palier de principe (2 minutes) à 3 mètres et éventuellement, si les remontées ont été très rapides, se conformer aux règles des remontées rapides.
Finir la plongée sur 3 mètres de fond par les démonstrations et essais d'approche, de prise de tenue, puis en surface, de remorquage et de déséquipement.

Séance B)

Refaire rapidement sur 20 mètres de fond les exercices d'approche, de prise et de tenue, terminer par un début de remontée avec poussée.
Finir l'exercice par une ou deux remontées complètes (en fonction du nombre d'élèves), la première se terminant après le signe de détresse, tandis que la seconde doit aboutir au déséquipement.

Séance C)

Consacrer une nouvelle séance aux prises en pleine eau et à plusieurs remontées complètes.

Séance D)

Au cours d'une ou plusieurs autres séances, une fois la remontée maîtrisée pour une profondeur de 20 mètres, faire l'exercice à - 25 mètres et à - 30 mètres (en fonction du niveau du plongeur).
Chaque séance sera terminée par des remarques et des observations qui seront reprises, en pédagogie préparatoire, au début des séances suivantes.

ERREURS A ÉVITER

- Etre trop loin du plongeur à secourir ou inattentif à ses réactions.
- Mauvaise approche et précipitation dans la prise.
- Largage incomplet de la ceinture.
- Ne pas ouvrir les réserves.
- Mauvaise prise.
- Mauvaise impulsion de départ.
- Mauvaise tenue.
- Manque d'entraînement, mauvaise condition physique, mauvais palmage.
- Pas de contrôle: de sa respiration, de la respiration de l'accidenté, de l'environnement, du profondimètre.
- Oubli de signe de détresse en surface.
- Lâcher de l'embout de l'accidenté pour faire le signe de détresse ou ne pas maintenir la tête de l'accidenté hors de l'eau.
- Lâcher son embout pour crier.
- Mauvais déséquipement.

CONSÉQUENCES

- Intervention tardive.
- Risque de ne pas pouvoir parer un mouvement de panique. Essoufflement, risque d'oubli, perte de temps.
- Risque de manque d'air en cours de remontée.
- Difficulté dans l'exécution des manÏuvres (embout, réserves, ceinture). Risque de lâcher l'accidenté ou son embout.
- Inefficacité de démarrage.
- Gêne dans le palmage. Résistance à l'eau accrue.
- Perte de contrôle. Difficulté ou impossibilité de remonter l'accidenté.
- Risque d'essoufflement ou de blocage thoracique dûs à l'effort.
- Risque de surpression pulmonaire.
- Risque d'accrochage ou de choc.
- Difficulté à vérifier sa vitesse de remontée, risque d'essoufflement.
- Pas d'aide ou aide tardive.
- L'accidenté boit.
- Risque de boire et de s'essouffler.
- Perte de temps, risque d'inonder les voies respiratoires de l'accidenté, risque de le laisser couler.

NOTA. - Dans une situation réelle, le sauvetage se fera à l'aide du gilet de sécurité. Il est bon que tout plongeur confirmé soit susceptible de l'effectuer dans ces conditions. Dans ce cas, rien n'est changé à la méthode d'intervention décrite ci-dessus, jusqu'au chapitre remontée, si ce n'est la prise qui peut varier.

Il est important, en effet, la vitesse de remontée étant plus rapide, de noter que dans le cas d'un plongeur paniqué, mais conscient, ne courant aucun risque immédiat, il est nécessaire de contrôler sa remontée à l'aide du système de purge, afin de diminuer les risques d'accident de décompression.

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ASSISTANCE D'UN PLONGEUR ÉQUIPÉ A L'AIDE DU GILET DE SÉCURITÉ
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A) DÉFINITION

Cet exercice consiste à porter secours à un plongeur en difficulté, à le remonter en surface à l'aide du gilet de sécurité, à vitesse contrôlée, en fonction des circonstances. C'est une des épreuves des brevets de plongeur Niveau 2, 3 et 4.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

- Baliser une zone d'activité.
- Installer un pendeur suffisamment lesté muni d'une bouée.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

- Prévoir sur la zone d'exercice une surveillance efficace.
- Programmer cet exercice en début de plongée et jamais en fin.
- S'assurer que les élèves maîtrisent l'utilisation du gilet de sécurité.

1) AVANT L'IMMERSION

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

- Définir l'exercice et en expliquer les motivations.
- Expliquer et démontrer à sec l'approche, la prise, les tenues en fonction de la morphologie des participants ainsi que du matériel.

2) TECHNIQUE

Deux situations possibles: gilet de l'assisté, ou du gilet du sauveteur.

Gilet de l'assisté: le sauveteur se place face à l'assisté, d'une main il saisit l'arrondi en bas de la collerette du gilet de ce dernier (sous le menton), I'autre main manÏuvrant le mode de remplissage qu'il stoppe dès le début de l'ascension.

Gilet du sauveteur: le sauveteur glisse une main sous le bras de l'assisté et saisit le robinet de la bouteille de ce dernier, de l'autre main il actionne le mode de remplissage de son propre gilet.

Sauvetage

L'accidenté peut avoir lâché son embout, il est primordial de le lui replacer et de le maintenir, afin de permettre la possibilité respiratoire. REMARQUE: il est important d'apporter un soin tout particulier au maintien éventuel de cet embout.
- Première proposition: le sauveteur se place face à l'accidenté, d'une main il replace et maintien directement l'embout en bouche, de l'autre, il actionne le mode de remplissage du gilet de l'accidenté, qu'il referme dès le début de l'ascension.
Position de remontée: restant face à l'accidenté, il l'enserre de ses genoux à la hauteur des hanches (position du sauveteur assise et de l'assisté debout).
- Deuxième proposition: le sauveteur se place de trois quarts par rapport à l'assisté, sa main glisse sous le gilet de l'accidenté et maintient l'embout en bouche éventuellement.

REMARQUE: Ces deux propositions restent valables dans les deux cas d'utilisation du gilet de l'assisté ou du sauveteur. Rappel: aussitôt que le plongeur perçoit l'incident, il doit tirer sa réserve; dès que l'embout a été remis dans la bouche de l'accidenté, (si besoin est) tirer la réserve de ce dernier.

3) PENDANT LA REMONTÉE

Le sauveteur doit surveiller:
- qu'il remonte (environnement),
- La vitesse de remontée, en actionnant la purge et en contrôlant ainsi l'ascension,
- Le confort de l'accidenté, en vérifiant sa ventilation et en observant son regard,
- L'approche de la surface, en effectuant un tour complet, permettant le contrôle de la surface.

4) EN IMMERSION

- Faire exécuter la progression suivante: aide d'un plongeur d'un niveau suffisant, le moniteur exécutera une démonstration de façon à présenter l'exercice complet, permettant de souligner les temps forts de la remontée.
- Faire exécuter l'exercice par l'élève, le moniteur reste à proximité, assistant l'élève dans le déroulement.
- Une fois l'exercice parfaitement maîtrisé pour une profondeur de moins de 20 mètres, le faire exécuter de moins 30 mètres (en fonction du niveau du plongeur).

ERREURS A ÉVITER

- Mauvais réglage du sanglage.
- Ne pas passer les réserves.
- Fermeture d'insufflateur oublié.
- Mauvaise prise ou maintien.
- Système de purge non pris en main.
- Pas de contrôle de l'environnement.
- Lâcher l'accidenté.

CONSÉQUENCES

- Arrachage de l'embout.
- Plus de difficultés de les passer en cours de remontée et risque de manque d'air.
- Réduit l'efficacité de la purge.
- Le sauveteur devra se replacer en cours de remontée: mauvais contrôle.
- Ascension rapide, absence de contrôle.
- Risque d'accrochage ou de choc.
- Reprise en cours d'acension, mauvais contrôle.

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SAUVETAGE P.A.
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Situation de l'ensemble: Plongeur Niveau 2, 3, 4.

OBJECTIF

Remontée d'un camarade en difficulté d'une profondeur de 20, 30, 40m (en fonction du niveau), à vitesse normale en maintenant l'embout de l'accidenté.

Ce type d'exercice demande:

1) Connaissance du matériel utilisé
2) Une maîtrise de ce matériel à la profondeur de l'exercice
3) Une technicité de la prise permettant un résultat rationnel le plus efficace possible
4) Un contrôle permanent face aux différentes situations durant la remontée et l'approche en surface.

ORGANISATION

Zone de travail sur des fonds de 3 à 40m - Installer un pendeur - S'assurer que le gilet est en bon état et que les précautions, identiques à celles de l'initiation et de la remontée P.A., ont été prises.

PREVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

- Prévoir en surface de zone de travail une surveillance efficace.
- Ne jamais programmer cette leçon en fin de plongée.
- Dans le cas où l'exercice n'est pas suivi d'une plongée, appliquer la règle de sécurité prévue pour les remontées rapides.
- S'assurer que les élèves contrôlent parfaitement le gilet et l'assistance; qu'ils ont déjà évolué à la profondeur où se déroulera l'exercice en final (20, 30, 40m).

PÉDAGOGIE PRATIQUE

- Présentation des différents types de matériel, et vérification ou explication de leur fonctionnement.
- Description de la prise en fonction des cas suivants:
Un partenaire dispose du gilet
Les deux partenaires disposent du gilet

a) Procédure à partir de son propre gilet
b) Procédure à partir du gilet de son élève
c) Observation du ou des gilets en immersion (cas du plongeur déjà équilibré)
d) Profondeur suffisante pour effectuer la prise 10 à 15m. Apprentissage et contrôle de la vitesse (profondeur matérialisée sur pendeur avec arrêt de stabilisation (5m à -3m) (matérialisé sur pendeur).

N.B. - Le pendeur donne la notion de verticalité et les marques effectuées. tous les 5 à 3m donnent une notion de vitesse (repères visuels).

Avant de plonger: le moniteur fait vérifier le bon fonctionnement des moyens de remplissage et de la purge, ou des purges.
Explications du déroulement de l'exercice et choix de la prise.
Explications techniques, ordre chronologique des entraînements.
Vérification de la compréhension, des explications et des gestes à exécuter.
Convention du langage pour le déroulement de l'exercice.
Organisation du groupe et son ordre d'exécution.

EN IMMERSION

Au départ 3m - Vérification du lestage (gilet vide).
Au fond (10 à 15m) - Démonstration de la prise.

Remarque: la prise effectuée sur un élève est perçue par les autres, mais difficilement par lui-même (répétition sur un élève différent).

Points à prendre en compte dans l'exécution:
- durée de l'observation, de l'intervention
- contrôle du geste
- contrôle de la chronologie
- aspect de l'enchainement
- aspect de l'efficacité

PROGRESSION

Contrôle de la remontée.
A une profondeur supérieure à 15m, s'équilibrer en pleine eau et exécuter l'exercice précédent.

EN FINALE

Le moniteur fera exécuter l'exercice à la profondeur maximale définie, les deux élèves sont équilibrés pour cette profondeur.
Les élèves auront acquis cet exercice lorsqu'ils seront capables à la demande, de l'éxécuter avec leur gilet ou celui du moniteur.

PRÉCAUTIONS

Ne jamais larguer votre ceinture de lest ou celle de votre partenaire.

Conséquences:

Modification du lestage, d'où modification de la vitesse, ascensionnelle
- Risque de décapeler le scaphandre en surface
- Perte de la verticalité.

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MANNEQUIN
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A) DÉFINITION

C'est l'apprentissage du sauvetage d'un nageur accidenté, sans l'aide d'un appareil respiratoire, mais en utilisant le matériel de base P.M.T.
En effet, I'efficacité de l'intervention sera prépondérante sur la perte de temps nécessaire à l'équipement P.M.T.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

Plan d'eau abrité, éventuellement piscine pour l'entrainement.
Fond impérativement de 5 mètres à une extrémité du parcours.
Balisage, minimum 25m et maximum 50m, un parcours de 100m en continu n'est pas souhaitable pour le contrôle et la surveillance.
Prévoir des points d'appui le long du parcours ou en milieu naturel, une embarcation légère d'accompagnement.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Points d'appui:
- Grouper les élèves en binômes, afin d'assurer une surveillance constante pendant les apnées.
- Éviter de placer cet entraînement immédiatement après une plongée en scaphandre.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

Fractionner l'entraînement:
- Dans un premier temps, faire travailler la distance, surveiller le comportement en fin de parcours.
- Dans un deuxième temps, travailler l'apnée avec déplacement, en augmentant progressivement la durée et la profondeur, faire nager l'élève le plus près possible du fond.
- Dans un troisième temps, associer le parcours et l'apnée, raccourcir au début la distance et la durée de l'apnée, pour arriver progressivement à la distance et à la durée d'apnée de l'épreuve.

Ensuite, travailler la prise du mannequin, veiller à la tenue du mannequin, afin que lors du déplacement en surface, les voies respiratoires soient hors de l'eau.
Technique du déplacement en surface avec le mannequin, arriver à effectuer le parcours de 100 mètres progressivement.
Associer les trois: distance, apnée, remorquage du mannequin; au début, raccourcir la distance de remorquage.
Sans chronométrage, travailler l'endurance, en augmentant les distances et la durée de l'apnée, environ 1/3 de plus que l'épreuve.
Travailler la vitesse et la résistance afin d'atteindre l'objectif fixé par le barème de notation.

ERREURS A ÉVITER

- Parcours trop long.
- Mauvaise préparation à l'apnée.
- Parcours trop rapide.
- Accélération en fin de parcours.
- Mauvaise tenue du mannequin et mauvaise position du sauveteur, trop proche de la verticale.
- Pas de repère en surface

EFFETS

- Essoufflement.
- Impossibilité de tenir la durée demandée.
- Essoufflement, impossibilité d'effectuer l'apnée.
- Essoufflement, impossibilité d'effectuer l'apnée.
- Augmentation de l'effort nécessaire et baisse de la performance.
- Mauvaise orientation et allongement du parcours.

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DESCENTE DANS LE BLEU 40M
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A) DÉFINITION

Descente la tête la première le plus près possible de la verticale et rectiligne, à vitesse constante, sans rotation autour de l'axe.

BUT
Descente dans le bleu afin d'atteindre un objectif immergé non visible, à l'aide de repères pris en surface.

B) ORGANISATION MATÉRIELLE

Bateau, pendeur, plan d'eau abrité, absence de courant. Le début de la progression peut se faire sur un fond moins important, mais non visible de la surface.

C) PRÉVENTION DES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES

Obligatoirement un pendeur.
Descente un par un.
Piscine un moniteur au fond.
Le moniteur en surface accompagne l'élève jusqu'au contact visuel du moniteur au fond.
Exercice à effectuer en début de plongée.
Limiter le nombre de répétitions en fonction de la profondeur.
Placer cet exercice après l'adaptation à 40 mètres.

D) PÉDAGOGIE PRATIQUE

Faire effectuer l'exercice dans un premier temps par petite profondeur; fond visible, pour que l'élève sente sa position dans l'eau. Ensuite, fond non visible, pendeur tendu, l'élève effectuant la descente parallèle au pendeur. Dans un troisième temps, descente le dos appuyé sur le pendeur. Apprendre à l'élève à prendre des points de repère (autre qu'un pendeur, particules en suspension par exemple) au cours de la descente. Afin de corriger une tendance à la rotation, effectuer quelques descentes l'élève muni d'un compas, qu'il consultera au départ, une fois au milieu de la descente avec arrêt, une fois au fond.

ERREURS A ÉVITER

- Air dans le gilet gonflable
- Mauvais canard.
- Mauvaise répartition du lestage.
- Mauvaise sanglage.
- Manque d'expiration.
- Amplitude du palmage trop importante.
- Position de la tête.
- Lestage trop important.

CONSÉQUENCES

- Mauvais départ.
- Mauvaise position au départ.
- Modification de la trajectoire au cours de la descente.
- Modification de la trajectoire au cours de la descente.
- Augmentation de la flottabilité, nécessitant un palmage plus puissant, risquant de provoquer une rotation.
- Risque de rotation.
- Modification de la trajectoire et possibilité de rotation
- Vitesse irrégulière, difficulté de la tenue du niveau d'immersion à 40 mètres.

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LA CONDUITE DE PALANQUÉE
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OBJECTIF

Conduire une palanquée en plongée suivant un itinéraire pré-défini à une profondeur et pendant une durée déterminée tout en suscitant un intérêt pour l'environnement sous-marin.

PRÉREQUIS

- Plongeur Niveau 2 en fin de préparation et possédant les connaissances nécessaires à l'orientation avec et sans instrument.
- Connaître les Normes de sécurité.
- Définir le niveau d'immersion en fonction du niveau des plongeurs.
- Avoir un esprit d'initiative.
- Etre directif et responsable.

L'ORGANISATION

Une révision de l'orientation avec les élèves sur les principes théoriques qui doit tenir compte du secteur géographique et de la turpidité de l'eau, ainsi que des courants.
- Définir le type de plongée: en falaise, autour d'un sec sur un haut fond, une épave.
- Définir le type de parcours.

N.B. - Une évolution dans une zone variée (roche, sable, laminaires ou eau trouble) nécessite l'utilisation du compas.

PROPOSITION DE L'UTILISATION DE L'INSTRUMENT

1) Sa présentation
2) Sa lecture et ses performances.
3) Sa position d'utilisation: au poignet, sur une tablette etc.
4) Dans l'eau effectuer des trajets simples dans un secteur connu en éliminant progressivement les repères visuels pour utiliser ceux indiqués par le compas.
5) Effectuer un retour de même type.

Doivent être pris en compte:
- la position du soleil
- la nature du fond (déclivité, flore)
- la profondeur
- la durée du trajet
- Le sens du courant si possible.

La conduite de palanquée devra s'effectuer sans compas, si possible, celui-ci n'étant présent qu'à titre complémentaire.

1) PRISE EN CHARGE D'UNE PALANQUÉE - INITIATION

- Définition de la palanquée (nombre de plongeurs conforme aux normes de sécurité).
- Niveau: plongeur Niveau 2 minimum.
- Évolution: faible profondeur.
- Choix du lieu: secteur connu de l'élève avec de nombreux repères
- Météo favorable en surface et au fond.

2) PRISE EN COMPTE DE LA PLONGÉE

- Durée.
- Profondeur.
- Solliciter de l'intérêt pour la faune et la flore.
- Observations du comportement des équipiers et choix du trajet.

3) PROGRESSION

- Augmentation des difficultés, à savoir: terrain plus difficile et varié (développer le sens de l'observation et de la mémorisation).
- Palanquée et profondeur plus importantes.
- Peut se prolonger par une plongée de nuit (perfectionnement).

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ORGANISATION ET SÉCURITÉ DES PLONGÉES
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Il est évident que l'organisation est fonction du type de plongée, des conditions de mer et de l'expérience des plongeurs. Il est cependant possible de s'inspirer du schéma ci-dessous:

I - Étude des éléments naturels:
- Météo, vent, état de la mer, visibilité.
- Horaire des marées.
- Courants par le responsable qui décide, en fonction de ces données et du niveau des plongeurs du lieu de plongée et de la formation des palanquées (Directeur de plongée).

II - Logistique (entre autres):

- Appareil de réanimation: insufflateur, inhalateur d'oxygène
- Un gilet de sécurité, par chef de palanquée et si possible pour les «serre-file».
- Scaphandres de secours équipés de détendeurs (nombre en fonction du type de plongée).
- L'échelle de remontée et le pendeur sont à bord.
- Un moyen de rappel des plongeurs en immersion.
- L'ensemble du matériel devant être conforme à la liste prévue par les normes de sécurité (s'y reporter pour information).

N.B. - Lorsque c'est possible, une annexe légère avec ou sans moteur peut apporter un élément d'intervention précieux en cas de difficulté en surface, assez loin du bateau. Il est prudent d'avoir à bord au moins un détendeur, un masque, un tuba, une ceinture, des plombs, une paire de palmes, pour dépanner ceux qui auraient oublié l'un ou l'autre de ces objets.

III - Opérations à effectuer avant l'embarquement:

- Un moniteur vérifie la pression des bouteilles au moment de la distribution. (Le sanglage des blocs, le débattement des leviers de réserves ont été vérifiés par le responsable du gonflage).

IV - A bord :

- Le chef de palanquée veille à l'embarquement du matériel en indiquant les emplacements réservés à cet effet.
- Suivant le type d'embarcation: veille à l'équilibrage correct du bateau.
- Au mouillage (le bateau est mouillé en fonction du vent et du courant en aval du site de plongée) avec possibilité de largage rapide du mouillage si nécessaire.
- Vérifie que l'ancre ne dérape pas.
- Suivant le courant, laisse filer à l'arrière du bateau un «bout» d'une cinquantaine de mètres avec flotteur, fixe un autre bout qui va de l'avant du bateau (ligne de mouillage) au «bout» de l'arrière. Ceci peut permettre aux plongeurs qui auraient manqué l'arrimage au bateau à la remontée de s'y accrocher.
- Hisser le pavillon de plongée.

V - Consignes au départ:

Le responsable aux chefs de palanquées :
- Désigne un moniteur qui assurera la sécurité en surface (en son absence)
- Donne la direction à prendre en fonction: - du courant - du site de plongée.
- Précise la profondeur à ne pas dépasser (suivant le cas) et fixe la durée de la plongée notamment en cas de plongées successives.

Le chef de palanquée aux plongeurs:
- Donne le déroulement succinct de la plongée depuis la mise à l'eau jusqu'au retour à bord et plus précisément:
- Désigne un serre-file (éventuellement).
- Donne les différentes formations de la palanquée en fonction des particularités du fond.

PRÉCISE

- Que pendant la descente et le séjour au fond, aucun plongeur ne doit se trouver plus profond que lui: lors de la remontée tout le monde doit lui faire face et personne ne doit le dépasser (suivant le cas la descente peut s'effectuer le long de la ligne de mouillage ou en pleine eau).
- Les plongeurs doivent rester groupés autour de lui jusqu'au retour à bord.
- Si un plongeur perd sa palanquée, il remonte de quelques mètres (2 à 3), la cherche durant 30 secondes, en cas d'insuccès, remonte en surface, et y demeure jusqu'à ce que sa palanquée soit remontée le récupérer.
- Lors de la remontée d'un plongeur en difficulté, la palanquée doit suivre.

DEMANDE A ETRE AVERTI Dès qu'un plongeur: - passe sa réserve - rencontre une difficulté au fond.

RAPPELLE

- Qu'il est le premier à l'eau (et le dernier sorti).
- Que la mise à l'eau s'effectue sur son signe et que les plongeurs vont l'attendre au mouillage (en surface bien sûr).

En outre, il donne des consignes particulières suivant le cas (conduite à tenir aux paliers, etc.).

Quand tout le monde est prêt, il vérifie, d'un coup d'Ïil, le matériel des coéquipiers, avant la mise à l'eau.

N.B. - Si la plongée est bien menée, la palanquée doit se retrouver à proximité de l'ancre en fin de parcours. Le chef de palanquée doit être vigilant, ne pas perdre de vue qu'il plonge pour ses coéquipiers et non pour lui, et qu'il doit impérativement limiter sa plongée en fonction de leurs possibilités.

VI - Formation d'une palanquée (disposition dans l'espace)

- Nombre: 2 à 4 élèves en fonction de leur niveau et des conditions de plongée (à l'intérieur même de la palanquée, il est bon d'apparier les élèves, ces binômes restant associés durant la plongée).

EXEMPLE DE FORMATION

- En V largement ouvert pointe en avant de part et d'autre du chef de palanquée. Le serre-file se trouve alors en retrait derrière le chef de palanquée.

Distance entre plongeurs: toujours en vue du moniteur.

Avantages:

- Le chef de palanquée a une vision permanente de tout son groupe.
- Les plongeurs bénéficient d'un maximum de visibilité.
- Dans les passages qui le nécessitent (failles, tunnels) et lors d'une descente le long de la ligne de mouillage, le chef de palanquée est en tête, le serre-file en queue.
- Sur le travers des tombants: le chef de palanquée est le plus bas et les plongeurs s'étagent en ligne sur la paroi, le serre-file est le plus haut.
- Dans les petites grottes: le chef de palanquée scinde son groupe en deux ou trois et fait visiter la grotte à tour de rôle. Le serre-file assure la sécurité à l'entrée. Un laps de temps doit s'écouler entre les visites pour permettre à l'eau de s'éclaircir.

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