Site web de Grenoble Plongée = http://perso.wanadoo.fr/plonge.medical/
Aide mémoire pour la préparation du Niveau II


Cet aide mémoire n'est pas un cours, il n'a que la prétention d'être un guide pour la préparation du brevet.
  1. La physique
    1. Les pressions
    2. Le théorème d'Archimède
    3. La loi de Mariotte
    4. Loi de Henry
    5. Loi de Dalton
  2. L'anatomie et la physiologie
    1. L'oreille
    2. les poumons et l'appareil respiratoire
    3. Le coeur et l'appareil circulatoire
  3. Les accidents de plongée
    1. Les accidents barotraumatiques (ABT)
    2. Les accidents biophysiques = Les accidents de décompression (ADD)
    3. Les accidents du aux gaz = narcose et essoufflement
    4. La noyade
  4. Les tables et les ordinateurs de décompression
    1. Intro
    2. Historique
    3. Plongée simple et définitions
    4. La table de décompression MN90
    5. Plongées anormales
    6. Plongée consécutive
    7. Plongée successive
    8. Limites d'utilisation de la table MN90
    9. Les ordinateurs
    10. Exercices de table
  5. La réglementation, la sécurité et le milieu
    1. Candidature et prérogatives
    2. Droits et devoirs de la licence
    3. Règlement de la chasse
    4. Règlementation sur le matériel
    5. Organisation du club
    6. Règles de sécurité
    7. Le milieu:
      1. Les dangers du milieu:
      2. Le froid
      3. La déshydratation
  6. Check liste des premières remontées assistées Niveau II



La physique


Pourquoi avoir des notions de physique en plongée ?

Ces notions, qui doivent rester simples, vont nous aider à comprendre les mécanismes liés à la plongée.
La compréhension de ces phénomènes est nécessaire pour nous permettre d'évoluer en sécurité dans le milieu sous-marin.

  1. Les pressions
  2. Le théorème d'Archimède
  3. La loi de Mariotte
  4. Loi de Henry
  5. Loi de Dalton 



1- Les pressions

1) Introduction :

Base physique de tous les phénomènes entourants la plongée: les variations de pression => effets importants sur l'organisme et le matériel.

2) Mise en évidence et rappel :

Ski sur la neige / pied; main sur le sable / doigt
La pression est un rapport entre force et surface : P = F / S

3) Les pressions :

a- La pression de l'air = pression atmosphérique (Patm)

masse d'air / 1 cm2 = 1 kg / 1 cm2 = 1 litre d'eau / 1cm2
= colonne d'eau 10 m / 1 cm2 = colonne de mercure de 75 cm / 1 cm2
= 1 Atm = 1 bar -> unité de pression utilisée en plongée

Rq1 : 1 bar = 1 000 mb ou hPa <=> pression mesurée par les baromètres
Rq2 : pour être parfaitement exact, la pression atmosphérique moyenne est de 1013 mb ou hPa

b- La pression de l'eau = pression hydrostatique (= pression relative)

colonne d'eau 10 m / 1 cm2 = 1 bar -> unité de pression utilisée en plongée

Pression hydrostatique (Phyd) = Profondeur (Prof) ÷ 10

c- La pression absolue (Pabs) = P hydrostatique + P atmosphérique(Patm)

Pabs = Prof ÷ 10 + Patm

4) Exercices :

5) Applications :




2- Le théorème d'Archimède

1) Se rapporte à la flotabilité

2) Mise en évidence :

3) Le théorème d'Archimède :

"Tout corps plongé dans un fluide, reçoit de la part de ce fluide, une poussée égale au poids du fluide déplacé"

Poids apparent(Pap) = Poids réel(Préel) - Poussée d'Archimède(Archi)
  1. si Pap > 0 : il coule
  2. si Pap < 0 : il flotte
  3. si Pap = 0 : il est en équilibre

4) Exercices : (sachant qu' 1 kg d'eau a un volume d' 1 litre)

5) Applications :

la flottabilité varie en fonction du :

Rq1 sur le lestage => Pratiquement on est bien lesté quand : en fin de plongée, avec un bloc presque vide, on est équilibré à 3 m (poumons 1/2 vides, stab. vide)

Rq2 sur le lestage => En mer on se leste plus qu'en lac (la densité de l'eau salée est plus importante) : Atlantique + 1 kg; Méditerranée + 2 kg; Mer Rouge + 3 kg



3- La loi de Mariotte

1) Se rapporte aux variations de volume en fonction de la pression

2) Mise en évidence :

Pompe à vélo : relation entre volume et pression
Un verre vide retourné dans l'eau est descendu en profondeur

0 m -> 1 b (1 volume)
10 m -> 2 b (1/2 vol )
30 m -> 4 b (1/4 vol)
70 m -> 8 b (1/8 vol

Rq : la variation de volume est bq plus importante vers la surface

3) La loi de Mariotte :

"A temp. constante, le volume d'un gaz parfait est inversement proportionnel à la pression qu'il subit"

P1 x V1 = P2 x V2

4) Remarque sur la consommation:

le débit de consommation (en l/min) est le même en surface et au fond, mais la quantité d'air consommée est proportionelle à la pression =>

air consommé = débit x Pression

Par ex : Si un plongeur consomme 20 l/min en surface, quel va-t être sa conso à 30 m ? => 20 l/min à 1 b, à 30m -> 4 b => conso fond = 4 x 20 = 80 l/min

5) Exercices sur la loi de Mariotte:

6) Exercices sur la consommation:

7) Petites histoires chiffrées associant Archimède + Mariotte:

a/ Pour récupérer le moteur d'une épave, pesant 30 kg et de volume 10 l, se trouvant à 40 m de fond, on utilise un parachute. Quelle quantité d'air faudra-t-il injecter pour que l'ensemble décolle ?

b/ La combinaison d'un plongeur à un volume de 8 l en surface, elle pèse 4 kg. les minibulles d'air contenues dans le néoprène représentent un volume de 5 l compressible.

6) Applications :

7) RETENIR:

que les variations de volume sont bien plus importante en arrivant vers la surface



4- Loi de Henry

1) Se rapporte à la dissolution des gaz dans l'organisme

2) Rappels : Composition de l'air

3) Mise en évidence

henry.gif

Du gaz s'est dissout dans le liquide, qui pèse plus lourd après un certain temps.
Inverse si dépression, les échanges se font dans les deux sens en fonction du temps.

4) Loi de Henry:

"A l'équilibre, la quantité de gaz dissous dans un liquide est proportionnelle à la pression du gaz sur le liquide"

5) Notions de saturations:

L'organisme humain est composé à 70% de liquide.
Lorsque nous respirons de l'air sous pression, nous nous saturons progressivement en gaz par l'intermédiaire des poumons :

On distingue 4 états de concentration de l'azote dans l'organisme:

  1. Sous-saturation : la pression est relativement plus élevée que quantité de gaz dissoute : quand on descend
  2. Saturation : il y a équilibre entre la pression et la quantité de gaz dissoute : au fond
  3. Sur-saturation : la pression est moins élevée que la quantité de gaz dissoute : quand on remonte
  4. Sur-saturation critique : la pression est beaucoup moins élevée que la proportion de gaz dissous, qui risque de se gazéifier au sein du liquide le contenant donc de former des petites bulles (exemple : l'ouverture d'une bouteille de champagne) : si on remonte trop vite.

5) Applications :

Cet état de sur-saturation critique de l'azote dans l'organisme et la création de bulles dans le sang et les organes explique les:




5- Loi de Dalton

1) Se rapporte à la concentration des gaz en fonction de la pression

2) Loi de Dalton:

"La pression partielle (Pp) d'un gaz dans un mélange, est la pression qu'aurait ce gaz s'il occupait seul le volume du mélange"

d'où déduit que :

  1. la pression absolue d'un mélange est égale à la somme des pressions partielles (Pp) de ses composants
  2. la pression partielle d'un gaz est égale au produit de la pression absolue du mélange par la concentration volumique du gaz
Pp gaz = Pabs x %gaz            (%gaz = concentration volumique)

3) Applications

a - Accidents biochimiques du aux gaz:

- augmentation de la pression partielle des gaz en fonction de la profondeur
- début de toxicité des composants de l'air en fonction de la pression

b - Plongée aux mélanges et en altitude : cf Niveau 4

6) Exercices

Profondeurs de début de toxicité de N2 et de O2 pour une plongée à l'air

(Variables en fonction du temps d'exposition, de la sensibilité et de l'entraînement du plongeur) :

Pp N2 = Pabs x %N2

4 = Pabs x 0,8

Pabs = 4 ÷ 0,8 = 5 b

Prof = 40 m 

Pp O2 = Pabs x %O2

1,6 = Pabs x 0,2

Pabs = 1,6 ÷ 0,2 = 8 b

Prof = 70 m 




L'anatomie et la physiologie

L'oreille et la sphère ORL (Oto-Rhino-Laryngologique):

ORL.gif


On ne vous demande pas de savoir faire de schéma !!!
(c'est pour cela que j'en ai mis un compliqué, mais se rapprochant de la réalité et en perspective, avec les rapports nez-gorge-oreille)
Ce que vous devez savoir, c'est désigner les éléments suivants :

l'oreille
le conduit auditif externe

oreille externe

le tympan
les osselets
la trompe d'Eustache

oreille moyenne 

la cochlée (ou limaçon) => audition
le vestibule et les 3 canaux semi-circulaires => équilibre

oreille interne


A vous de les chercher ...!


L'appareil respiratoire:

pulmo.gif


On ne vous demande pas de savoir faire de schéma !!!

1) Ce que vous devez savoir, c'est désigner les éléments suivants :

A vous de les chercher ...!


2) Le fonctionnement :

ApPlum.gif

La cage thoracique agit comme un soufflet :

  • quand elle se dilate, l'air entre dans la trachée et gonfle les poumons : c'est l'inspiration
  • quand la cage thoracique se relâche : les poumons se dégonflent : c'est l'expiration

A l'inspiration, le sang capte l'oxygène (O2) de l'air et se débarrasse du dioxyde de carbone (CO2) par l'intermédiaire des vaisseaux capillaires qui entourent les alvéoles = il y a échange gazeux.

L'expiration, expulse l'air chargé de CO2.

En fin d'expiration, il reste toujours un peu d'air vicié dans la trachée; cet air est inhalé à l'inspiration suivante : c'est l'espace mort.


Le coeur et la circulation :

coeur.gif


On ne vous demande pas de savoir faire de schéma !!!

Ce que vous devez savoir, c'est désigner les éléments suivants :

A vous de les chercher ...!


Le fonctionnement de la pompe cardiaque:

ApCard.gif

Cette pompe fonctionne en 3 temps :

1°= contraction des oreillettes: le sang est poussé dans les ventricules

2°= contraction des ventricules: le sang est poussé dans l'artère pulmonaire et l'aorte

3°= repos

Dans chaque cavité il y a des valves antireflux qui se ferment et qui s'ouvrent en fonction de la pression.


La petite circulation :

circul1.gif

C'est le circuit coeur- poumon-coeur :

le sang va s'oxygèner dans les poumons où il libère le CO2 et capte l'O2.

 


La grande circulation :

circul2.gif

 

C'est le circuit coeur-organes-coeur :

le sang est expulsé vers les organes où il libère l'O2 et capte le CO2.

 



Les accidents de plongée

L'évolution dans le milieu sous-marin soumet notre organisme à des variations de pression considérable.
Ces variations de pression peuvent perturber le fonctionnement de nos organes, et entraîner des accidents en cas de fausse manoeuvre.
La connaissance des accidents de plongée, permet de les prévenir.
  1. Les accidents barotraumatiques (ABT)
  2. Les accidents de décompression (ADD) ou biophysiques
  3. Les accidents du aux gaz = narcose et essoufflement
  4. La noyade



I- Les accidents barotraumatiques (ABT)

 Ces accidents sont liés aux variations du volume de l'air contenu dans différents organes, en fonction de pression.

La loi de Mariotte est impliquée dans la survenue de ces accidents.

Quels sont les organes pouvant être traumatisés

"Organes" creux contenant de l'air

Traumatisés
 à la descente

Traumatisés à la montée

1) Les poumons

non

oui

2) Les oreilles

oui

± oui

3) Les sinus

oui

oui

4) Les dents

± oui

oui

5) Le masque

oui

non

6) L'estomac et les intestins

non

oui


1) Le BT pulmonaire = la surpression pulmonaire :

Le plus grave des accidents de plongée.


2) Le BT du tympan :

Le plus fréquent des accidents de plongée


3) Le BT des sinus :
4) Le BT dentaire :
5) Le BT du masque : le plaquage
6) Le BT gastro-intestinal : la colique du scaphandrier

II- Les accidents de décompression (ADD) = biophysiques 

Ces accidents sont du à l'azote, dissout dans l'organisme pendant la plongée, qui s'élimine de façon anormale en cas d'erreur de décompression lors de la remonté.

La loi de Henry est impliquée dans le mécanisme de ces accidents.

1) Mécanisme :

A la remontée, présence normale de microbulles d'azote (qui reprend sa forme gazeuse) dans le sang veineux, éliminées dans les poumons.

Une anomalie de la décompression ou un facteur favorisant, peut entraîner :

2) Causes :

3) Classification et signes (95 % dans les 6 heures)

1 - acc. bénins : peut inaugurer un accident plus grave

  1. cutanés : puces, moutons
  2. articulaires : bends (douleur)
  3. généraux : fatigue

2 - acc. graves :

  1. vestibulaires : vertige, surdité
  2. médullaires : trouble de la sensibilité, paralysie, paraplégie, difficulté à uriner
  3. cérébraux : hémiplégie, convulsions

3 - acc. retardés

  1. maladie de décompression (dans les heures qui suivent)
  2. osseux : ostéonécrose (dans les semaines ou les années qui suivent)

    4) CAT

1) Respect des procédures de décompression :

  1. Vitesse (15 à 17 m / min), ne pas hésiter à diminuer la vitesse de remontée (10 m /min)
  2. Paliers : respect des tables (éviter la panne d'air +++), palier de sécurité (3 min à 3 m) systématique, ne pas hésiter à prolonger le palier à 3 m
  3. Décompression de surface : pas d'apnée après la plongée, pas d'avion dans les 12 h

2) Élimination des facteurs favorisant:

  1. Bonne santé : pas de maladie ou prise de médicaments, entraînement physique satisfaisant, pas d'alcool, pas de fête tardive la veille...
  2. Bon moral : avoir envie de plonger, "on ne plonge pas avec la colère" à Tahiti
  3. Pas d'effort violent : avant, pendant et surtout après la plongée
  4. Limiter le froid : vêtements adapté sur le bateau, combinaison et durée de la plongée adaptées à la température, ne pas attendre de frissonner pour remonter


3) Les accidents dû aux gaz = narcose et essoufflement

Les lois de Henry (dissolution des gaz) et de Dalton (pression partielle des gaz) se partagent la responsabilité de ces accidents.

Définitions des accidents en fonction de leur pression partielle (Pp)
Ces chiffres ne sont pas à apprendre au NII, ils sont donnés à titre indicatif et sont variables, en en fonction du plongeur et du temps d'exposition.

Gaz % en volume
de gaz pour
 un air sec***
% approximatifs
utilisés pour
les exercices
Pp P Accidents
O2 20.946% 21% 0,21 bar
> 1,6 bar
< 0,18 et < 0,12 bar
hyperoxie*
hypoxie et anoxie = Noyade**
N2 78.084% 78% 0,78 bar > 4 bar Narcose
CO2 0.033% 0,03% 0,03 bar > 0,05 bar hypercapnie = Essoufflement
Gaz rares**** = 1% 0,07%

0,07 bar

Pas d'accident en plongée sportive

* l'hyperoxie ne concerne pas le plongeur à l'air et sera traitée au NIII et NIV
** la noyade n'est pas classée dans les accidents dû aux gaz, mais son mécanisme (hypoxie et anoxie) en dépend.
*** Ces chiffres sont ceux utilisés par le standard international IUPAC. 
**** Gaz rares:
Argon 0.934% (la presque totalité à lui seul)
Néon 18.18ppm (partie par million)
Hélium 5.24ppm
Krypton 1.14ppm
Xénon 0.087ppm
Considérés comme polluants, mais naturellement dans l'air :
Méthane 2.0ppm
Hydrogène 0.5ppm
Monoxyde de diazote (N20) 0.5ppm


A- Intoxication à l'azote = la narcose



1) Mécanisme : Toxicité N2 sur les cellules nerveuses

2) Facteurs favorisant :

3) Signes :

4) CAT : Remonter et assistance

5) Prévention : connaître ses limites, entraînement, fixer les paramètres de plongée au départ.


B- Intoxication au CO2 = l'essoufflement

1) Mécanisme :

Anomalie de l'élimination du CO2 = hypercapnie (PpCO2 > 0,05 b) => cercle vicieux :

2) Signes :

3) Causes : 2 causes et un facteur aggravant :

  1. Pollution de l'air respiré : gonflage défectueux, tabac !!...
  2. Désadaptation à l'effort : manque d'entraînement (essoufflement en surface); détendeur trop dur, combinaison trop serrée; froid; courant; agitation par angoisse...
  3. Le tout étant aggravé par la profondeur : pourquoi ?... Cf Dalton : la pression partielle du CO2 augmente avec la profondeur.

4) CAT :

  1. Supprimer le facteur aggravant : remonter !
  2. Supprimer la cause (si possible) : arrêt de tout effort (assistance); prendre de l'air sur un bloc sain
  3. Prévenir la noyade (même en surface) ou la remontée panique (assistance)

5) Prévention : Entraînement physique et psychique, bon matériel, «ramping» dans le courant ( se déhaler avec les bras sans palmer)



3) La noyade

A- Définition :

B- La noyade primaire :

a) Définition :

Manque d'air => hypoxie PpO2 < 0,17 b puis anoxie PpO2 < 0,12 b

b) Causes:

C- La noyade secondaire (syncopale)

a) Définition :

Une perte de connaissance brève (= syncope) en immersion entraîne une noyade lors de la reprise respiratoire.

b) Causes:

D- Mécanisme :

  1. aspiration => lésions des alvéoles et le spasme de la glotte (larynx). Dans une moindre mesure, le type et le volume du liquide aspiré entraînent des lésions pulmonaires différentes:
    • l'eau de mer , salée, est moins agressive sur les alvéoles que
    • l'eau douce non salée qui en plus est chlorée en piscine ou
    • l'eau de port qui contient des hydrocarbures
  2. apnée réflexe
  3. hypoxie puis anoxie avec convulsions et cyanose
  4. apnée définitive : arrêt respiratoire puis arrêt cardiaque
  5. décès par lésions cérébrales irréversibles.

E- Prévention :

F- CAT face à un noyé et / ou une perte de connaissance :

Rq 1 : Chez les mammifères, le "réflexe d'immersion" en eau froide, peut permettre la survie même après une longue période de submersion, par un ralentissement et un recentrage de la circulation, associé à une diminution des besoins tissulaires en O2.

Rq 2 : Lors de la noyade en fin de plongée, les lésions pulmonaires favorisent l'apparition d'un accident de décompression.

Rq 3 : La survie dépend de la rapidité de mise en oeuvre de la réanimation ventilatoire (dans l'eau si nécessaire) et circulatoire.

  1. Vérifier l'état de conscience :
  2. Vérifier la respiration => Ventilation assistée.
  3. Vérifier les pulsations cardiaques => Massage cardiaque :
  4. Prévenir les secours : N° d'urgences : 15, 18, 17, 112, canal 16
LA PRATIQUE DE CES GESTES EST ENSEIGNÉE LORS DU RIFAP
(Réaction et Intervention Face à un Accident de Plongée)
PS: J'encourage tous les plongeurs à passer ce brevet, dès le NI, sans attendre d'y être obligé par la progression fédérale !

Les tables de plongée et les ordinateurs

  1. Intro
  2. Historique
  3. Plongée simple et définitions
  4. La table de décompression MN90
  5. Plongées anormales
  6. Plongée consécutive
  7. Plongée successive
  8. Limites d'utilisation de la table MN90
  9. Les ordinateurs
  10. Exercices de table

1) Intro:

au cours de la plongée la saturation en azote (N2) qui répond aux loi de Henry et de Dalton, nécessite une remontée progressive permettant l'évacuation de l'N2. Le profil de la remontée va varier en fonction des paramètres de la plongée. Des temps d'arrêt, ou palier, peuvent être nécessaires pour permettre une dessaturation sans danger pour l'organisme.

2) Historique :

Au milieu du XIX° siècle, les travailleurs en caisson et les plongeurs «pieds lourds» souffraient en surface de maux inexpliqués appelés «maladie des caissons» et décrits par Paul Bert. Ce dernier constate à la fin du XIX° siècle qu'une remontée très lente diminue la survenue des accidents.

Ces accidents de décompression ont disparu quand on a pu calculer le temps de la remontée en fonction des paramètres de la plongée. Haldane au début du XX° siècle , a trouvé une formule physique qui permet de modéliser la décompression, ce qui a permis de calculer des tables de décompression.

Depuis une dizaine d'années se sont développés, les décompressimètres électroniques. De plus en plus de plongeurs utilisent ces ordinateurs et il est souhaitable d'en connaître l'utilisation.


3) La plongée simple et définitions :

a - Définitions et profils :

C'est une seule plongée : la première, celle du matin par exemple:

table1.gif

<=
Profil sans palier
Profil avec un palier
=>
table2.gif
  • A: profondeur maximum
  • B: durée de la plongée (DP)
  • C: durée totale de la remontée(DTR)
  • D: durée totale de la plongée (DTP
  • E: durée de palier (P)
  • F: durée de remontée au 1° palier (DR)
  • G: durée de remontée entre les paliers (DRP)

b - Les paramètres de la plongée :

Se sont les caractéristiques de la plongée permettant de calculer la quantité d'N2 dissout:

  • La durée de la plongée : c'est le temps écoulé depuis l'immersion (le canard), jusqu'au début de la remontée.
  • La profondeur maximum: c'est la plus grande profondeur atteinte

4) La table de décompression :

a - Présentation :

Table MN 90 (Marine Nationale revue en 90, en 94 et en 98) utilisées par la Marine et officielle pour la FFESSM. C'est celle que nous étudions et qui sert pour la formation des plongeurs et le passage des Brevets Fédéraux.

Rq1 : Il existe d'autre tables: COMEX PRO par exemple, ou développées sur d'autres modèles de calcul, comme les tables américaines de l'US Navy ou les tables suisses.

Rq2 : La FFESSM n'impose cependant pas l'utilisation de la MN90. Un plongeur autonome peut utiliser le système de décompression de son choix.

La table MN 90:

  • les paramètres : la profondeur et le temps (approximation aux chiffres les plus élevés), déterminent la présence ou non de paliers;
  • profondeurs du / des paliers (tous les 3 m) : ..., 12 m, 9 m, 6 m, 3 m, et la surface qui doit être considérée dans tous les cas comme un palier de 12 h
  • vitesse de remontée de 15 m/mn (17 m/mn maxi)
  • durée de remontée jusqu'au 1° palier (DR):
    • profondeur (m) jusqu'au 1° palier divisée par 15(m/mn),
  • durée de remontée entre les paliers (DRP)= 30 secondes;
  • durée du palier (P)
  • durée totale de remontée (DTR):
    • faire le calcul: DTR= DR+DRP+P= arrondir à la minute supérieure.
    • suppression de la colonne «durée totale de remontée» sur les tables actuelles
  • Groupe de Plongée Successive (GPS)(taux d'azote résiduel en surface)
b - Utilisation :
  • la courbe de sécurité :
Caractéristiques des plongées sans palier, dites "dans la courbe de sécurité".
(Par précaution il est recommandé d'effectuer un palier de sécurité de 3 min à 3 m)

5 h 30 à 10 m

2 h 15 à 12 m

1 h 15 à 15 m

40 mn à 20 m

20 mn à 25 m

10 mn à 35 et 30 m

5 mn à 45 et 40 m

courbesecu.gif

  • Exemples de plongées simples... (A voir en cours ! )


5) Plongées anormales :

a/ Remontée lente : < 15 m/min

La durée de plongée va jusqu'au moment de la remontée à 15 m/min ou jusqu'au 1° palier.

table3.gif

b/ Remontée rapide : > 17 m/mi

L'intervalle de surface (i) est de 3 min MAXI, puis on doit redescendre au moins à la moitié de la prof. maxi atteinte: «mi-profondeur» et y rester au moins 5 min.

table4.gif

Calculer sa décompression sur :

  • la + grande profondeur
  • une durée de plongée additionnant : la durée de 1° plongée + l'intervalle + le temps à mi-profondeur

c/ Rupture de palier :

On a au maximum 3 min pour redescendre au palier rompu et le refaire entièrement.

d/ Exemples de plongées anormales... (A voir en cours ! )


6) Plongée consécutive :

C'est une plongée qui succède à une plongée simple après un intervalle de surface (i) inférieur à 15 min.

table6.gif

Les paramètres sont :

  • la durée de la plongée = la somme des durées des plongées DP1 + DP2
  • et la plus grande profondeur atteinte au cours des 2 plongées

Exemples de plongées consécutives... (A voir en cours ! )


7) Plongée successive :

C'est une 2° plongée dont l'intervalle est sup. ou égal à 15 min et inf à 12 heures.

table5.gif

Les paramètres de la 2° plongée sont :

  • la profondeur de la 2° plongée
  • le temps de la 2° plongée, majoré d'un temps fictif = la majoration qui représente le taux d'azote résiduel de la 1° plongée

La majoration est déterminée par :

1) la table de saturation résiduelle ( = taux d'azote résiduel au moment de la 2° plongée) : on prend le taux le plus élevé en croisant:

  • Groupe de Plongée Successive (GPS) et
  • l'intervalle (on prend l'intervalle le plus court)

2) la table de majoration : en croisant:

  • le taux d'azote résiduel et
  • profondeur (prévue) de la 2°plongée.

Remarque importante :

Au cours de la plongée, si on ne va pas à la profondeur prévue (soit moins profond soit plus profond), dans tous les cas on conserve la majoration (ne pas tenter de la recalculer en cours de plongée: risque d'erreurs +++).

  • Si on est moins profond : faire les paliers comme si on avait été à la profondeur prévue, avec la majo. prévue.
  • Si on est plus profond : faire les paliers correspondants à la profondeur atteinte, en majorant la durée de la plongée avec la majo. prévue.

Exemples de plongées successives... (A voir en cours ! )


8) Les limites d'utilisation de la table MN90 :

  • Utilisation pour la plongée à l'air au niveau de la mer (altitude = 0)
  • Adaptable pour la plongée en altitude et à la plongée aux mélanges suroxygénés (Nitrox) : cf Niveau 4.
  • Limitées à 2 plongées par 24 heures : deux successives et une dont l'intervalle est sup. à 12 h.
  • Limitée à 6 jours par semaine pour éviter les effets cumulatifs de l'azote.
  • Limitée à l'exploration sans travail au fond (courent < 0,5 noeuds).
  • Profondeur maxi. autorisée de 60 m (62 et 65 m en cas de dépassement accidentel).
  • Mise au point pour des adultes jeunes en bonne condition physique (jeunes militaires).
  • Vitesse de remonté de 15 à 17 m/min en utilisant 15m/min pour le calcul.
  • Paliers de 3 m en 3 m (héritage des tables US en pieds).
  • Autorise les paliers à l'oxygène pour les paliers ³ 6 m :
    • réduction du temps de palier d'1/3
    • valable si le palier à l'O2 est sup à 5 min
  • Autorise inhalation d'oxygène en surface :
    • diminution de la majoration (par diminution de la tension d'N2 résiduelle).
    • le GPS est conservé.

9) Les ordinateurs :

a) Principe de fonctionnement:

A la descente et au cours de la plongée, le capteur de pression communique en permanence la profondeur au microprocesseur. Ce dernier calcul en continu l'état de saturation du plongeur, en fonction du temps et souvent affine le résultat en fonction d'autres paramètres, comme la température, ou la consommation d'air par exemple.

La remontée est donc programmée par l'appareil. Elle est exactement ajustée au profil réel de la plongée. L'ordinateur indique en permanence la vitesse de remontée et les paliers à effectuer. Des alarmes sonores aident le plongeur à faire une remontée correcte.

En surface, il mémorise la dessaturation du plongeur, en suivant les variations de pression (altitude) et sera prêt à intégrer une plongée successive.

table7.gif

b) Table ou ordinateur ?

Il est évident que cet instrument présente de réels avantages par rapport à la table:

  • il permet de contrôler la vitesse de remonté
  • il dispense le plongeur de calculer ses paliers.
  • il permet d'optimiser certaines plongées, en autorisant une dessaturation progressive tout en poursuivant l'exploration.

Faut-il pour autant abandonner la table?

La question n'est pas de privilégier un système de décompression qui semble attrayant, par rapport à un autre qui peut paraître, aux yeux du néophyte, archaïque et dépassé.Il faut comprendre que le système informatique n'est qu'une évolution du précédent.

Seule la parfaite compréhension et l'expérience de la plongée à la table, permet l'utilisation correcte de l'ordinateur.

Les avantages de l'ordinateur peuvent devenir dangereux s'il est utilisé sans discernement car :

  • il a tendance à déresponsabiliser le plongeur et lui faire perdre l'oeil critique qu'il doit avoir sur le déroulement de la plongée;
  • il peut inciter à diminuer les marges de sécurité.

c) Conditions d'utilisation de l'ordinateur :

Les valeurs de décompression de l'ordinateur sont calculées au plus juste par rapport au profil de la plongée.
Il n'y a pas la marge de sécurité que procure une dessaturation à la table.
Il est donc indispensable que la plongée se déroule normalement sous peine d'aggraver le risque d'accident.

Une plongée est considérée comme normale si :

  • le profil de la plongée est correct:
    • progression ascendante à partir du fond,
    • évite les yo-yos;

table8.gif

  • il n'y a pas d'efforts au fond ou pendant la remontée;
  • la plongée est raccourcie, quand la température est basse et en cas de manque d'entraînement ou de forme physique;
  • un intervalle est suffisant (3 à 4 heures) est respecté entre deux plongées successives;
  • la vitesse de remontée et les profondeurs de paliers sont respectées.

Si la plongée sort de ce cadre (ce qui ne devrait pas arriver...):

  • il peut être nécessaire de prolonger le premier palier (le plus profond).
  • ou de recourir à une décompression à la table en particulier lorsque l'on se trouve dans une situation de plongées anormales (particulièrement en exercice de plongée). Aucun ordinateur n'est capable de gérer ces situations et les procédures tables, pour les plongées anormales, ne sont pas transposables à l'ordinateur.

d) En conclusion:

L'ordinateur est un instrument sûr, parfaitement agréable à utiliser mais qui nécessite de l'expérience.
Cette expérience ne peut venir qu'en se formant et en maîtrisant la plongée avec une table: c'est le but du Niveau 2 !


10) Exercices de table :
  1. Plongées simples
  2. Plongées anormales
  3. Plongées consécutives
  4. Plongées successives
Plongées simples:


Plongée de 48 min à 21 m :
  • Doit on faire un palier avant de faire surface ?

Sommes-nous dans la courbe de sécurité ? : non (40 min pour 20 m), donc un (ou plusieurs) palier est nécessaire

  • Quels sont les paramètres pour entrer dans la table ?

Prendre la MN90: 21 m deviennent 22 m et 48 min deviennent 50 min

  • Quelle est la durée totale de la remontée (DTR) ?
P= Palier de 12 min à 3 m
DR= durée de remontée au 1° palier (3 m) : (21-3)÷15 = 1,2 min
DRP= durée de remonté entre les paliers (surface) : 30 secondes = 0,5 min
DTR= P+ DR+ DRP = 12 +1,2 + 0,5 = 13,7 min soit 14 min (toujours arrondir à la minute supérieure)


Plongée de 36 min à 34 m :

  • Quelle est la durée totale de la plongée (DTP) ?
Paramètres : 35 m et 40 min
Paliers : 5 min à 6 m et 34 min à 3 m
DR = 34 ÷ 15 = 2,27 min
P = 5 + 34 = 39 min
DRP = 0,5 + 0,5 = 1 min
DTP = 36 + 2,27 + 39 + 1 = 78,27 = 79 min
  • Quel est le Groupe de Plongée Successive (GPS) ?

GPS = L


Un plongeur s'immerge à 10 h 20, il descend à 29 m et débute sa remontée à 10 h 53. Quelle sera son heure de sortie (HS) et son GPS ?

Paramètres : 30 m et 35 min; Palier : 17 min à 3 m; GPS : J
DP = 33 min
DR = 29 ÷ 15 = 1,93 min
P = 17 min
DRP = 0,5 min
DTP = 33 + 1,93 + 17 + 0,5 = 52,43 = 53 min
=> HS = 10 h 20 + 53 min = 11 h 13

Plongées anormales: ... (A voir en cours ! )

Plongées consécutives: ... (A voir en cours ! )

Plongées successives:  ... (A voir en cours ! )